La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

310 LA REVUE SOCIALIS'l'E est si granile, qu'on ne peut guère en user que clans les cas où la mauvaise gestion ou du moins la gestion sans succès est si flagrante que des directeurs nommés par le got1Ycrnemcntseraiei~t également ilestitués. En regard de la garantie que présentent les assemblées d'actionnaires, leurs inspections et leurs recherches, on peut placer la publicité plus grande qui éclaire dane un pays libre les affaires auxquelles l'Etat prend part (1). >) D'autre part, parmi ceux qui inclinent yers la remise de tou~ les services publics, ou du moins des plus importants, aux mains des administrations publiques et notamment de l'Etat, un bon nombre ne sont pa1·tisans de ce système qu1à la condition que l'Etat soit républicain et démocratiquement constitué, basé sur la législation directe ou, pour le moins, sur le suffrage univeesel, et qu'il respecte toutes les libertés politiques; ils n'en Youdraient pas sous un régime despotique ou même simplement monarchique. Ils craignent, non sans raison, pour des motifs purement politiques, de renforcer encore la puissance du despotisme, et pal' conséquent ils veulent momentanément laisser complètement à l'industrie privée une foule de serYices publics, tels que l'enseignement, les assurances, les chemins de fer, etc., qu'au point de YUeéconomique il vauclrait mieux remettre entre les mains de l'Etat. Il en résulte cette situation contradictoire, que tels hommes qui, en principe, sont partisans de certains services publics par l'État, se voient obligés, dans le fait, de combattre la remise de ces services aux mains de l'État actuel, et que d'autres hommes, des économistes de l'école de Manchester, qui, en principe, sont partisans de l'abandon des serYices publics aux compagnies privées, Yiennent proposer actuellement de faire organiser tel ou tel service par l'Etat. Il y a quelques années, nous avons assisté à un phénomène de ce genre, lorsqu'un économiste liégeois, M. de la Rousselière (doublé de M. Dauby, non moins par. tisan que M. De la Rousselière des principes du laissez-faire économique) est venu proposer aux ouniers belges une des formes de l'assurance par l'Etat, - l'assurance en cas de -vieillesse,la pension de retraite, - et a vu son projet èchoucr devant la résistance raisonnée de travailleur5 qui, en principe, étaient géuéralement partisans de l'organisation des assurances aux mains de l'État, mais aux mains d'un État populaire et socialiste, et non d'un Etat censitaire, bourgeois et capitaliste, commenotre digne État belge. (A suivre.) 0ÉSA11 DE PAEPE. (1) JOHN-STUART M1LL, Principes d'Economie politique, traduction ue MM. Dussard et Courcel!e-Seneuil,,tome· ll, p. 535.

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