306 LA REVUE SOCIALISTE loin l'explication de cctto étrange anomalie. Mais auparavant, nous devons ajouter qu'entre ces cleux écoles tranchées et, carrément oppo ·ées, existent un cert.ain nombre tl'écoles mixtes se rapprochant plus ou moins de l'une ou de l'autre <lesdeux écoles extrêmes . .Parmi ces éc-olesmixtes, la plus nettement caractériséo est celle qui (en thèse générale toujours, c'est-à-dire sauf exception pour certains cas particuliers) tenrl à placet· les senices publics sous la surveillance des administrations publiques, nationales, provinciales ou communales, mais en laissant l'exécution à des particuliers ou à des compagnies concessionnaires moyennant certaines clauses statuées dans un cahier des charges. A vrai <lireces deux écoles nettement tranchées, <lont nous parlons plus haut, expriment plutôt des tendances que des systèmes arrêtés. Et d'abord, parmi ceux qui se montrent partisans de l'abandon des services publics à l'initiative privée, il en est. peu qui vont jusqu'à considérer comme pouvant être du ressort de cetto initiative privée, le service do la sécurité; parmi les économistes du laissez-faire, nous ne connaissons guère quo M. de Molina.ri qui ait cru à la possibilité cl'abanclonner, à <les compagnies particulières, le service do la sécurité: la police et la justice deviendraient ainsi l'industrie privée d'entrepreneurs de sécurité comme les assurances qui sont.généralement aujounl'hui l'industrie de compagnies particulières (1).•Ce n'est pas un <lesfaits les moins étranges que de Yoir cet économiste, adversaire acharné et logi<1uede l'intervcmtion gouvernementale sous toutes ses formes aboutir finalement au même résultat que cert.ains révolutionnaires qui veulent l'abolition de l'Etat, <letous les Etats, sans en excepter la Commune elle-même. Ces ultra-anarchistes Yont bien plus loin que Pl'Oudhon.En effet, Proudhon a émis sur cette question cleux idées di.Œérentes.Dans son livre : Des Réformes à opérer dans l'exploitation des Chemins de f~r, il estime que la grande et la petite voirie, les canaux, fleuves, etc., doivent appartenir à l'Etat ot être cntret.enu~ aux frais de l'Etat; quant aux chemins clefer, l'Etat devrait se charger de la construction de la voie, deg tl'avaux de terrassement, des ouvrages d'art, et conscl'ver pour lui le domaine émineut sur la voie; puis, moyennant conditions relatiYes surtout aux tarifs, en abandonner l'exploitation à des compagnies particulières destinées à se transformel' un jour en compagnies de travailleurs. Dans un autre ouvrage : Idée générale de la Révolution au XIX• siècle, Proudhon enlève une a une à l'État tout~s ses attributions, et le supprime ensuite comme un rouage inutile. Mais nous voyons bientôt que cette suppression est (1) Mo1.1N..-R1, Soirées de la rue Saint-La~are,et Questio,is d'Economiepolitique et de droit public, tome Il (La liberté de gouvernement).
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