DES SERVICES PUBLICS 305 nous conduire, dans une société où l'opulence et la misère ne se cotoieront plus, l'extension à tous les habitants du service médical tel qu'il est organisé par les sociétés de secours mutuels (friendly societies, en Angleterre), et notamment, par les FÉDÉRATIONS de sociétés de secours mutuels, comme celle qui existe depuis plusieurs années entre les sociétés de l'agglomération bruxelloise. Nous ne citons pas les assurances spéciales que certains États ou certaines communes ont organisées et qui, lors méme qu'elles sont abandonnées à des compagnies de capitalistes, n'en sont pas moins, de fait, un Yéritable service public; mais nous citerons l'assurance générale coutre tous les sinistres, contre tous les risques et péril::;, comme devant être l'objet d'un grand service public, organisé unitairement et sur une vaste échelle. Nous n'avons pas cité non plus les institutions officielles de crétlit de tout genre, depuis le mont-de-piété, cette forme rudimentaire du crédit réel que le moyen âge nous a léguée, jusqu'à la Banque nationale. Avons-nous besoin de dire que, conceyant le crédit tout autrement qu'il existe aujourd'hui, nous croyons que ces institutions devront faire place à d'autres institutions de c1·édit, ou plutôt à des institutions d'échanges et de distribution? (Voir plus loin ce que nous disons des magasins et bazars communaux.) Enfin, à propos de justice, nous aurions pu citer la magistrature, l'ordre judiciaire tout. entier; nous ne l'avons pas fait, parce que nous voulons généraliser les tribunaux d'arbitres, et, en dernier jugement, étendre à tous les cas l'institution du jury. II Par qui doivent être organisés et exécutés les divers services publics que nous venons d'énumérer? Ici nous renconti-ons deux grands courants d'idée. deux véritables écoles antagonistes. L'une de ces écoles tend, en thése générale, a abandonner les services publics à l'initiatiYe privée des individus ou de compagnies se formant spontanément, et leur ôte en quelque sorte ainsi leur caractère de service public pour en faire des entreprises particulières; c'est l'école du laissez-faire. L'autre tend, en thèse générale, à placer les services publics sous la main de l'Etat, de la province (département, canton) ou de la Commune; c'est l'école interventionniste. Chose singulière, dans les deux camps nous trouvons, à côté d'économistes bourgeois_qui sont partisans du maintien des classes capitaliste et ouvrière, des économistes socialistes qui veulent l'abolitiondu bourgeoisisme et du prolétariat. Nous verrons plus 20
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==