La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

304 LA REVUE SOCIALISTE revenus publics, ·c'est-à-dire de ln rentrée et du maniement des fonds destinés aux dépenses que nécessitent les services publics en général. En faisant cette énumération, nous aYons omis à dessein une foule d'institutions publiques qui existent actuellement. mais qui, d'après nous, sont de. tinées à disparaître. Ainsi, nous ne citons pas les cultes qui, même chez les peuples-où il n'y a !Jas de religion d'Etat, forment l'objet de certains services publics, tel que la fabrique d'église, par ex.emple. C'est que nous ne pouvons considérer les religions que comme des qutistions de conscience individuelle. Nous ne citons pas l'armée, soit l'armée permanente, soit les milices, parce que, toutes, elles n'ont pour but que la répresc:;iondes mouvements populaires à l'intérieur, ou la guerre de peuple à peuple. Or, nous croyons que la solution du problème social supprimera du même coup et la lutte des classes et la lutte des nations. Nous ne citons pas les wo1·khou.1es, les dépôts de mendicité. toutes les institutions de la charité officielle, parce que ces institutions, au lieu de soulager la misère, ne font que l'aggraver; et que, du reste, nous ne voulons pas soulager la misère, mais la supprimer. Nous ne citons pas le service des prisons, cellulaires ou autres. Dans une société comme celle dont nous poursuiYons la réalisation, dans une société d'où seraient bannies l'ignorance et la misère, où une instruction intégrale et une éducation complète seraient données a tous, dans une pareille société lec:;malfaiteurs, deYenusplus rares, ne devraient être consiclé1'ésque comme des malades qu'il s'agit de guérir, ou comme des gens égarés par un moment. c1e pa--sionet qu'il faut s'efforcer de ramener dans le droit chemin, tout en les eloignant momentanément de la société, vu le caractère dangereux de leur maladie ou de leur égarement. Or, pour cela, il suffit de quelques colonies pénitentiaires où cesmalheureux. c:;eraientappelés a s'amender et à se réhabiliter par un traY~l approprié à leurs aptitudes. Nous ne citons pas les maternités et les hôpitaux, du moins tels qu'ils sont actuellement, parce que, malgré les grandes améliorations qui y ont été apportées depuis le siècle passé, ces établissements ne sont encore trop souyent que des foyers de maladie, et que, hormis pour quelques affections exceptionnelles, nous préférons les soins médicaux a domicile; et nous ne citons pas non plus la médecine des indigents, parce que ce senice n'aura plus de raison d'être clans une société où l'indigence, officielle ou non, n'existera plus. Mais, en revanche, nous citerons le senice médical tout entier comme devant devenir un grand senice public gratuit (ou plutôt rétribué par la s.ociété); c'est la le régime vers lequel paraît devoir

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