La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

• LE CHEMrN A PARCOUl\lR 297 pourront directement se mettre en relation avec le public sans l'intervention d'organisation municipale, loueront leurs boutiques ou leurs fabriques à la municipalité plutôt qu'au landlord, car ce dernier cherchera désespérément à couvrir ses pertes en augmentant ses loyers le plus qu'il pomea. i!:tfinalement lorsque les « rentes du talent ,> auront atteint leur niveau natu~'el irréductible, elles pourront être frappées d'un impôt progressif sur le revenu, dans le cas très improbable ou elles deviendraient un sérieux embarras social. Il n'est pas nécessaire d'aller plus loin dans les détails économiques du procédé d'extinction de la propriété individuelle. Il est très possible qu'une grande partie du procédé esquissé ici sera anticipée par une capitulation, les propriétaires cédant leurs rentes viagères moyennant cles annuités, aux conditions quîls seront encore capables d'exiger avant que leur puissance devienne entièrement abattue. Une telle capitulation arrivera probablement aussitôt que la force accumulée du mouvement. municipal deviendra évidemment irrésistible. Nous pouvons sans inconvénient négliger pour le moment la question du développement de la Chambre des communes eu gouvernement central qui sera l'organe pour fédérer les municipalités et nationaliser les rentes inter-municipales en ajustant les contributions municipales avec les taxes nationales; en un mot le fonctionnement des affaires purement nationales. On peut voir que le· « Conseil du gouvernement local » de l'avenir sera une affaire énorm('};que la politique étrangère sera profondément affectée par le progrès anglais réagissant sur le continent; que le commerce international devra être considéré sous un nouveau point de vue, que la disparition d'une variété de classes et d'une variété de ce qu'on appelle aujourd'hui « opinions publiques » sera accompagnée par la fusion de la société en une seule classe ayant une « opinion publique » d'une importance inconcevable; que cette opinion publique rendra possible, pour la première fois, le contrôle effectif de la population; que l'indépendance économiquedes femmes et le remplacement au· chef de famille par l'individu, comme unité reconnue d'État, çhangera matériellement le statut des enfants et l'utilité de la famille; et que l'inévitable reconstruction de l'église d'État sur une base démocratique peut, par exemple, amener la possibilité de l'élection de M. Bradlaugh au doyenné de SaintPaul. Je ne mentionne toutes ces choses que pour jeter un coup d'œil sur les champs fertiles de pensée et d'action qui se dévoileront à nos yeux, lorsque, libres de préoccÙpations de nourriture quotidienne, nous pourrons employer et développer nos meilleures facultés.

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