• LE CHEMIN A PARCOURIR 295 consommation improductive d'un landlord ou d'un actionnaire ne pourrait payer, à moins que cette industrie ne rapportàt une rente très élevée, en raison d'un avantage marqué dans la position du local. Mais ces rentes elles-mêmes, quand elles sont urbaines, sont, à la longue, à la merci de la municipalité. Les conseillers municipaux, maîtres des rues et de leur circulation, peuvent arnntager une position et négliger une autre. La rente d'une boutique dépend du nombre des personnes qui, en une heure, passent deyant la boutique. Unesérie adroitement.combinée d'expériences de pavage, un nouveau pont, un serYice de tramways, une caserne, un hôpital pour la variole, ne soot que quelques-unes des circonstances dont dépendent les rentes urbaines. Le pouvoir que possède la municipalité de contrôler ces circonstances est aussi ?lvident que l'impuissance des particuliers en concurrence. De plus, ces particuliers sont forcés de vendre leurs produits à un prix équiYalent aux frais entiers de production « à la marge de la culture . .,,La municipalité pourrait leur faire concurrence en réduisant les prix au coût moyen de production sur toute l'étendue de l'exploitation municipale. Les entrepreneurs privés fayorablement situés ne pourraient faire face à cette difficulté qu'en cessant de payer leur loyer; les moins favorablement situés succomberaient sans remède.Ce serait encore échec et mat. La propriété priYée deviendrait alors stérile, ou bien elle ne rapporterait pas au cultivateur d'habileté moyenne un meilleur revenu que celui qu'on pourrait obtenir de la municipalité ayec plus de sécurité. Au propriétaire pur et simple elle ne rapporterait rien. Finalement, le sol et l'industrie de la ville entière passeraient, sous l'action spontanée des forces économiques, clans les mains de la municipalité, et, dans ces limites, le problème serait résolu. La propriété individuelle, en abaissant le plus possible le propriétaire afin de mieux. l'exploiter, restreint ·1e nombre de personnes instruites et de cette façon fait monter la « rente du talent. >> La forme la plus importante de cette rente est le salaire accordé a la direction industrielle. Les gains d'un grand portraitiste ou d'un médecin fashionable sont beaucoup moins significatifs puisqu'ils dépendent entièrement de l'existence d'une classe très· riche de clients sujets a des accès de vanité ou à l'hypocondrie. Mais l'organisateur industriel est. indépendant des clients : au lieu ci'accaparer pour lui-même une part plus grande du produit de l'industrie, il accroît le produit par l'effet de sa gérance. Le prix courant d'un tel talent de direction dépend de la relation entre l'offre et la demande; plus il y en a, moins il est élevé; moins il y en a, plus il est cher. Toute cause qui augmente l'offre diminue le prix. Or, il est évident que puisqu'un directeur doit être un homme instruit et de talent, il est généralement inutile de chercher dans la classe ouvrière pour
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==