294 LA REVUE SOCIALISTE compagnie par actions, le salaire minimum pour les manœun·es influencera ce marché d'une façon perceptible. La pire so1·te de marchandeurs s'aperce,-ra que si elle yeut garder ses ouvriers il lui faudra les traiter au moins aussi bien que la municipalité. L'augmentation de salaire qui s'ensuin·a fera cli.1)araître la rnaig1·emarge de bénéfices des tàcherons. Conséquemment le tà,cheron dena élcYer les prix qu'il fait payer aux boutiquiers ou aux maisons de gro::;pour lesquels il entreprend a marchandage. Ceci diminuera les bénéfices de ces marchands en gros et de ces boutiquiers qui, alors, ne pourront pas y parer en éleYant le prix cle leurs marchandises, parce que si cette augmentation aYait été possible ils ram·aient imposée depuis longtemps. Mais, heureusement pour eux, la rente de leur talent comme gens de commerce est sujette aux mème&'lois qui g0t1Yernent le prix des commodités. De la même façon que le tàcheron vaut son profit, eux aussi Yalent le leur; et de la rnèmc façon que le tàcheron a pu retirer d'eux son ancien profit, en dépit de l'augmentation des salaires, eux aussi pourront l'etirer leur ancien profit, en dépit de l'augmentation réclamée par le tàche1·on. Mais comment demandera-t-on, s'ils ne peuYent l'obtenir aux dépens du public, en haussant le prix de leurs marchandises? EYidernment aux dépens du landlord, sur le terrain duquel ils produisent. En d'autres termes ils demanderont et obtiendront une réduction de loyer. Et aussi l'organisateur industriel, le patron pur et simple, l'entrepreneur comme on l'appelle souYent aujourd'hui dans les traités économiques, ne souffrira pas. Dans la répartition du produit sa part restera constante, tandis que la part dn salarié augmentera et celle du propriétaire oisif diminuera. Ceci ne s'ajustent pas sans froissement ni clameur, pour ne pas dire plus, mais cc froissement a constamment lieu sous le système présent,qui co11sistedans l'a<:<.;roissement de la part clu landlord aux dépens de celle du trnYailleur. . La contraction du reYenu de::;lancllords diminuera naturellement le rendement de l'impôt sur leurs reyenus. Supposons que la. municipalité, pour maint.enir ses recettes, établisse un impôt de 3 centimes additionnels par franc (équintlant a un penny pat· lin·e 8terling), cela aurait pour effet de brûler la chandelle du landlord par les deux bouts, procédé qui, éYidemment, ne pourrait être continué indéfiniment. Mais bien ayant que la taxation Yienne a manquer comme source de capital municipal, les municipalités auront commencé a épargner du capital sur la production de leurs industi·ies propres. La concurrence de ces industries sur le marché ayec les entreprises privées sera irrésistible. N'ayant à entretenir aucune per onne oisiYe et n'ayant par conséquent, qu'a s'occuper de l'extension de leur capital, après aYoir payé leurs employés, elles pourront offrir des salaires qu'aucune industrie chargée du fardeau de la
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==