. LE CHEMIN A PAI\COURIR 293 exploite déjà, telles que la voirie, les usines à gaz, les tramways, la construction de mais0ns, etc. Il est probable qu'elle ne considèrera généralement son action que comme un simple expédient pour faire face à une occurtence passagère. L'école de Manchester mettra en avant ses théories libre-échangistes, en demanclant qu'on sont.raie l'entreprise privée à la concurrence de l'entreprise publique, faisant ainsi un suprême et dernier effort pour se jouer de l'ignorance du public au • nom d'une science qu·elle a si obstinément abaissée et dégradée. Pendant quelque temps, le parti des landlords réussira à restreindre et.à embarrasser les entreprises municipales; à y attacher le stigmate du paupérisme; à maintenir la position de ses prolétaires, sous le rapport du dur travail et du mince salaire, au niveau le plus bas produit par la concurrence individuelle. Mais la puissance de ce parti sera brisée par la disparition de la nécessité générale où l'on était d'abaisser le plus possible les taxes locales, nécessité qui, aujourd'hui, pousse les autorités locales à faire la sourde oreille aux appels à l'humanité. Le luxe de se montrer généreux aux dépens des autres sera irrésistible. Le propriétaire foncier deviendra la vache à lait municipale; et les cont.ribuables ordinaires apprécieront sûrement. l'avantage de dormir en paix, délivrés de la crainte de nouveaux fardeaux et de voir leurs vitres bri. ées el leurs boutiques pillées par une foule affamée, noyau du socialisme et de la canaille de la ville. Ils auront juste autant de remords en faisant dégorger le landlord que celui-ci en avait en les exploitant -· juste autant et pas davantage. A mesure que la municipalité deYiendra plus démocratique, on verra le landlord perdre de sa puissance, non seulement relativement à la démocratie, mais d'une façon absolue. Le contribuable ordinaire ne restera cependant pas longtemps sans ressentir les effets de ce n0uveau régime. Au commencement même de la nouvelle extension des industries municipales la question de salaire se posera. Il faudra fixer un salaire minimum; et, bien que] tout d'abord il devra être trop faible pour tenter tout travailleur gagnant décemment sa vie, il ne sera cependant pas le salaire franchement dérisoire de la concurrence actuelle.Il sera fixé comme les salaires du moyen àge, en ayant au moins quelque égard pour l'opinion du public sur ce qui constitue le nécessaire pour un confort convenable. Outre cela, la municipalité devra payer ses organisateurs,directeurs et ouvriers de talent incidemment employés, le prix courant entier auquel est rétribuée actuellement leur habileté, moins seulement ce que le prestige supérieur et la permanence d'un emploi public peuvent les induire-à ·sacrifie~·.Mais tandis que ces hauts salaires ne jetteront pas plus de perturbation dans le marché du travail que ne 0le ferait l'établissement d'une nouvelle
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