La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

292 LA REVUE SOCIALISTE boutiquiers et les contribuables qui ont des maisons à bail paient cléja des taxes et des loyers qui atteignent les limites de l'endurance; de nouvelles charges les feraient pre. qUE:descendre dan s la rue a.-ec un drapeau rouge. Dilemme terrible! dans lequel la mu nicipalité, entre le marteau et l'enclume, écoutera avec délices Lord Hobhouse entonner un champ de cléli.-rance au sujet rl'un conte doré de rentes municipalisées au moyen de l'impôt. Les partisans de la nationalisation du sol enfleront le chœur, les·partisans radic aux de l'impôt progressif sur le re.-enu y mêleront leurs voix et les locataires contribuables trépigneront de joie. La difficulté du cap ital étant ainsi résolue - car on ne peut sérieusement,prévoir qu e les lancllords prendront les armes ainsi que Lord Bramwell nou s en a une fois menacés - la question de l'acquisition du sol se po sera. Les nationalisateurs se déclareront pour son annexion sans compensation par la municipalitè; mais ce projet sera rejeté comme étant de la spoliation pure et simple, cligne seulement de sociali stes ré.-olutionnaires. Et en Yérité, le cri cle « pas de compen. ation! »est.un fragment impraticable de l'insurrectionisme violent; car, tandis que la compensation ne serait pas nécessail'e et mê me abstmle, si tom, les propriétaires ét.aient expropriés simultanément, et. si le système propriétaire était immédiatement remplac é par le socialisme battant son plein, cependant, lorsqu'il est néc essaire de procéder par degrés, le désir de compensation aurait pou l' efiet de choisir des propriétaires individuels pour les exproprier, tandis que les autt·es resteraient immolestés; en outre, cette mesure les p1·i.-erait de le~1rs ressom·ces pt•iyées bien avant que la municipalité eùt trouvé pour eux une occupation toute prête adaptée a leur cas. Par conséquent le sol sera honnêtement acheté à mesur e qu'on en aura besoin, et le prix d"achat, ou l'intérêt de ce prix, sera obtenu, de même que le capital, en taxant la rente. Il Ya sans dire que cette façon d'agir sera, au fond, tout aussi bien un acte d'expropriation que ne l'est aujourd'hui la collectiqn de l'impôt. sur le rernnu. Les landlords la dénonceront comme telle, et comme ét ant simplement une nouYelle spoliation opérée d'une YieiIle façon,en effet, jls seront contraints d'indemniser l'un de leur classe et de pré senter sa teITe à la municipalité; et, ce faisant., ils distribueront é quitablement la perte entre les membres cleleur cla ·se, au lieu de la faire supporter ..à un seul in<lividu qui n'est pas plus coupabl e que le reste d'entre eux. Mais ils seront contraints cle faire cela d'une façon qui donne satisfaction à la fois au sens moral du citoyen ordinaire et de l'économiste le plus distingué. Nous entreYoyons maintenant notre future municipalité en possession de tenre et de capital en vue d'entrepri e s industrielles. D'abord, elle développera naturellement les ind ustries qu'elle

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