La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LE CHEMIN A PARCOURIR 29l autre chose à faire. Ils font bon accueil au socialisme, à l'insurrectionisme, aux solti~es débitées sur la monnaie de papier, à tout ce qui fait passer le temps et semble exprimer le fait qu'ils ont faim. Les autorités locales, également innocentes de toute connaissance en économie, nient qu'il y ait de la misère, envoient les chefs des dèputations des sans-ouvrage au Comité du gouyemernent local, lequel les renYoie promptement aux fonctionnaires de l'Assistance publique; elles essaient les menaces, elles essaient. la casse des pierres, elles essaient la répression pal' le bàton des policemen et, finalement, retombent clansl'impuissance en désirant le retour de l'été et les sans-ouvrage au fond de la mer. Pendant cc temps, le. capital charitable, qui est beaucoup plus élastique que le capital des salaires, déborde a Mansion House (1), mais en rcyanche se dessèche clans les institutions permanentes. Natueellement un tel état de choses n~ peut durer. La répression à coup de bùtons policiers et la clameur l'évoltante des journaux réactionnai1·es en fayeur d'une répression sanguinaire,crèeront une rénllsion parmi la partie humaine de la classe moyenne. Quant à la section qui, par ses préjugés de classe, est insPrnûble à tout sentiment de responsabilité sociale, elle redoute la violence pe1·sonnelle de la part des prolétail'es avec une terreur superstitieuse qui ùéfie tout argument et tout confrôle. Les .exemples histo1·iques de l'extravagance de ce qu'on peut appeler la panique de la foule aristocratique sont trop évidents et trop récents pour aYoir besoin d'être cités. Il faut enfin que les nJunicipalités organis,mt des travaux de secours; mais ils ne doivent pas être entrepris dans un seul district à la fois, car on s'y précipiterait des autres parties du pays et cela ferait manquer une expérience isolée. Partout où le besoin exist.e le secours doit être donné à l'endroit même. Et pui:;que la décence publique, aussi bien que la considération pour les hauts fonctionnaires, empêcheront la municipalité d'instituer un jour de travail cle 16 heures à 10 ceniimes de l'heure ou moins, l'atelier municipal attirera non seulement tous les sans-ouvrage, mais aussi les esclaves blancs du marchandage exploiteur; ces derniers s'échapperont de leurs enfers et s'adresseront à la municipalité pour être embauchés, du moment où ils sauront que le travail municipal est mieux.rétribué que le travail sous la direction du tàcheron. Il y a plus, le marchandeur luimème,un simple conducteur d'esclaves« aux pièces», deviendra dans beaucoup de cas aussi anxieux que ses victimes de laisser là son hideux métier. Mais l'organisation municipale de l'indust.rie cleces inoccupés exigera du capital. Comment la.municipalité l'obtiendrat-elle? Elever les taxes municipales est hors de question : les petits (1) Demeure du Lord.Maire de la Cité.

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