La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

.. .' DU DROIT A L'ASSISTANCE 267 et éclairée qui, élevant une constitution sur les bases clela justice et de la liberté, reconnaît que la classe nombreuse de ceux. qui n'ont rien, appelle de tous les droits de l'homme le regard de la loi. Jusqu'ici, cette assistance a été regardée comme un bienfait; elle n'est qu'un devoir, mais ce devoir ue peut-être 1·ernpli que lorsque les secours accordés par la société sont dirigés Yers l'utilité générale ..... On a toujours pensé a faire la cha1·itéaux pauvres, et jamais à faire valoir les droits de l'homme panne sur la société et ceux. de la société sur lui : voilà le grand devoir qu'il appartient a la Constitution française de remplir, puisqu'aucune n'a encore autant reconnu et respecté les droits de l'homme (1). )) C'est en ces termes, et en vertu d'une argumentation ir1·éfutable, que le duc de La1·ochefoucault-Liancourt replaçait la question ::;ur son véritable terrain, et l'Assemblée Constituante, adoptant les conclusions du rapporteur de son comité de mendicité, rerenait au principe romain de l'assistance obligatoire. Trois ans apre::;,la Convention, dans la déclaration des droits de 1793, et. dans les clecrets des 19-24 mai de la même année déclarait que « les secou,·s publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux. citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens <'l'existerà ceux. qui sont hors d'état de travailler. ,, Malheureusement, sur ce point comme sur tant d'autres, la RéYolutionne put que formuler des préceptes sans avoir le temps de les appliquer. L'assemblée Constituante de 1848 émit un vœu analogue mais se sépara sans avoir fait la loi générale de !'Assistance publique. Si nous voulons donc avoir une idée des effets de l'assistance_obligatoire dans les temps modernes, c'est hors de chez nous qu'il faut en chercher des exemples. Il ne saurait entrer dans le plan de ce travail de donner les résultats actuels élusystème de l'obligation dans tous les pays où il existe; c'est., je crois, aux membres étrangers du congres qu'il appartient seuls de nou~ fournir des renseignements précis. Je me bornerai a rapporter ce que je connais a cet égard, touchant une grande nation sur le sol de laquelle j'ai trouvé une hospitalité assez prolongée et assez parfaite, pour que je me croie obligé de la considérer éternellement comme une seconde patrie. L'Angleterre suffit d'ailleurs pour la démonstration, le systeme de l'assistance obligatoire y ayant été pratiqué dans son intégralité, de façon qu'on a pu en apprécier à la fois les grands avantages et les tres minces inc')nvénients. (1) Assemblée natio!!ale~; Séance du 15 juillet 1 790. Rapport du Comité ùe mendicité et ex.posé des principes généraux qui ont àiri~é son travail, paiM. LAROCHEFOUCAULT-LIANCOURT, (Gazette nationale ou lfl Moniteur universel du 16 juillet 1790,.

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