La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

258 LA REVUE SOCIALISTE <l>uaElcMpw-rroç ~i:iov -rro">.lnx.àv (1). Si donc l'homme est un .auimal so,cial, un être destir1.épar sa nature à vivre en société,s'il est ,rai que l'Etat, par conséquent, - ne reposant ni sur le bon plaisir de la diYinit.é co~me le veut l'Église, ni sur celui dos individus, comme le prétend Rousseau, est la réimliante même el le dernier te1·mo de l'é,olution du genre humain, le plus sublime et le plus complet des organismes, - il est manifeste que toutes les parties constituantes de cet organisme, toutes les cellules humaines ont droit à la nutrition et à la ,ie. J'entends bien que dans le::-temps primitifs de l'Ilumanitè, sous le régime de la bellum omnium in omnes, la loi <lela concurrence et de la sélection aveugle régnait en maîteesso; mais comme le dit très bien l'illustre Hobbes, auquel on a reproché si mal à propos la proclamation de cette ,érité, c'était ayant la naissance et. l'organisation de la Société (2). Avec l'État, c'est la justice, la légalité, la moralité même et le droit qui font leur apparition dans le monde. " C'est le buLmême de l'État, dit Hegel, de formuler d'une façon positiYe tout ce qu'il y a d'essentiel dans l'acti,ité p1·atique de l'homme et dans ses tendances. C'est l'intérêt absolu de la raison que ce but moral soit réalisé ... la dignité tout entière do l'être humain, sa réalité au point de yue intellectuel et moral ne lui -viennent que de l'État. Par lui seul il est pleinement conscient.; par lui seul il prend sa part d'une vie sociale et politique, à la fois juste et morale. (3) » C'est alors que prennent fin - ou du moins que denaient prendre fin - les efiets de la concurrence sau,age et inconsciente, sous l'influence de laquelle a eu lieu le cléYeloppementdes sociétés primitiYes. Lo moment est venu, où l'indiYidu a conscience de luimême, de sa nature et de ses besoins comme être social, et où la volonté - déterminée aussi, mais peu importe! - intenient activement, agent très 1'éelet naturel, dans le déYeloppement ult.érieur des organismes sociaux. Les économistes, partisans mal éclairés d'une théorie de l'Èvolution à leur usage, prétendent que la Société doit être absolument abandonnée à ses instincts, comme aux premiers temps : la concurrence, cl isent-ils - qui se réalisait primitivement par la chasse, puis par la guerre, est tlm·enue aujourd'hui « industrielle. » « Seuls alors , dit un de leurs chefs , les producteurs actifs, intelligents et progressifs, qui produisent au meilleur marché, subsistent et se multiplient a l'avantage permanent de l'espèce (?). Alors, tandis que la loi <le l'économie des forces pousse les hommes au progrès en les excitant ( 1) Politiq. tome I. t2) HOBBES, De Cive, Libertat., cap. I, 12. (3) HF:GEL, Philosophie der G,ischichte. Introduction.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==