La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

18 LA l-lEVUE SOCIALISTE pas pardonné son intcnention en ta-reur cleleurs omTiers « banllez ensemble pour contrainclre les maistros irnprimeu1·s de leur fonmir plus gl'os gages ft nourrilm·e plus opulente. » Pour cette cause, ou pat· jalousie « Yoyant c1u'ilcommc>nc:oü it honnestemenl: profiter et que paL'succession de temps il pouYoit gl'andement s'augmenter », ils le déno11cp1•entet invoquèl'ent l'aide du plus 1CL·ribletribunal, celui de l'Inq uisit.ion. A la requête et poursuite du p1•ocu1·em·et promoteur clos causes clel'Iuquisition de la foi, Dolet fnt a1-rêté et jeté en 1n·iso11.On lui reprochait ses liaisons intimes ayec des h<•1·étiques;son scepticisme qu'il n'avait pas la sagesse de dissimulel', comme Rabelais par exemple; les publications suspectes que nous ayons citées. On lui reprochait ù'ayoir mangé (lu gras en temps de carême, llo s'êlL·e pl'ornené durant. l'office, cl'allOL'plutùt au sermon <1u'àla messe. Le tribunal présidé, pat· Mathieu Or-ry, inquisitem· génél'al, assist(· d'Estienne Faye, official et Yicaire du primat cleFranco, le tléclai·a, par sentence rencluc le 2 octob1·e 1542, coupable de pravité hérétù1ue, le cléclara mauvais, impie, scandaleux, schismatique, hérétique, fauteur et défenseur des hérétiques et erreurs pernicieuses : c'était. le bûcher. l\Iais comme le clL'oitcanon défend aux prêtres clo Yet·ser le sang, Dolet fut linéaux bras séculiers. Il fit alors appel cleYant le Parlement <le Pai·is, Lyon se h'otrrant clans sa jueidiction. Il n'en resta vas moins trois mois emprisonné à Lyon a.pt·ès sa condamnation. Il passa ce temps à reYoil· et corriµ-cr ses traductions, ou ses liwos, à p1·éparer cles mémoires jusli!icatifs claus lesquels il proteste de son innocence et repousse ioule accusation <l'hé1·ésie.Dans son rccom·s au l'oi, il conteste le cli·oit.cle l'inquisitcu1· génénil <lele juger et malmène aYcc plus ll'<•nergic que dn })l'udonce, ce morne dont l'ig110L·auc0était 1n·0Yel'biale,si l'on eu juge pai· celte &piµ-L·anuneéc1·itepar uu <h'ses contemp01·aius. « Dolet enquis sur poinct de la foy « Dict à Orris qui faisoit cetto enqueste : « Ce que tu crois, certe point je ne croy, " Ce que je crrty ne fut oncq en ta teste. » « Orris pensant l'avoir pris en fit feste < Luy demanda : Qu'est-ce que tu crois doncq7 « Je crois, dit-il, que tu n'es qu'une beste. « Et si crois bien que tu ne le crois oncq... Vers le mois de juin 1513, Dolet tut trans!é1'é n Paris et 0m1n·1... sonné à la Concicrge1·ie. Les rlispo~it.ions clu Pai-lcmont. rle Pai·is 11'étaient pas moins défayo1·ahles aux personnes soupc;onnées d'hé1·ésiequ'aux. imp1·imcurs. Dolet était l'un et l'autt·e. Si l'on se rappelle que le président Lizet, partisan <le la suppression de l'impri-

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