La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

ÉTIENNE DOLET 19 merie, était conseillé par Béda, <lévot iutraitabli:>, on devine sans peine quelle était la sentence qui attendait Dolet et, alors, l'exécution ne tardait guère. C'était parfois le jour même qu'il y était procédé. Sur les conseils de ses amis, Dolet adressa au roi une pétition habilement rédigée, réitérant ses offres de soumission et de rétractatiou et demandant grâce. Cette pétition fut remise au roi pat· Piert"e Duchâtel, évêque de Tulle, et lecteur cle François P'. Duchàtel plaida a,-ec chaleur la cause de son ami et, en dépit du cardinal de Tournon. François 1°' ordonna que l'affail'e fût soumise au Conseil privé qui émit un avis favorable. Les lettres de grâce furent signées à la fin de juin 1543. Elles déclaraient d'une part, que Dolet deYait faire abjuration devant l'official de l'évêque ùe Paris, que tous les livres mentionnés au procès deYaient être réduits eu cenclees; en second lieu, que toute autre mesure judiciaire ùernit cesser, que Dolet recouvrait ses biens que le jugement üu tribunal de Lyon lui enle,·ait et, enfin, ordonnait au Parlement d'enregistrer la lettre de gràce et de rendre le p1·isonui01· à la liberté. Cette décision mécontenta le Fadement qui tenait à sa proie et souleva iles difficultés, préternlant que les lettres de gràce que Dolet aYait obtenues antérieurement au sujet du meurtre rlu nommé Compaing n'arnient pas ét.é entérinées. Aussi, lorsque le 19juillet, il parut rleYant la Cour ceiminelle du Parlement, celle-ci refusa-t-elle de le mettre en liberté et le fit reconduire à la Conci~rgerie. On exigeait sa lettre de grâce du 19 févrie1· 1537. Quand il la présenta le 24 juillet, la Cour, prétextant que cette let.tre n'avait pas été enregistrée par le Sénéchal üe Lyon, le maintint en prison. Il fallut intervenir de nouveau auprès du roi, qui, par lettres patentes du Ier août, ordonna au Parlement d'enregistrei· sur l'heure la lettre de gràce tlu 29 féYrier 1537. Cela ne suffit.pas pour vaincre les résistance:; du Parlement, Duchâtel dut intervenir de nouveau. Le 21 août, François re•donna rle nouvelles lettres patentes confirmant les premières, exigeant eu termes péremptoires l'enregistrement des lettres degrâce et mettant le Parlement en demeure d'exposer ses motifs dans un délai tle quinze jours. Le Parlement dut céder; le 13 octobre, Dolet fut appelé devant la Chambre de la Tournelle où toutes les formalités furent remplies et l'ordre fut donné de rendre la liberté à Dolet aussitôt qu'il aurait abjuré ses erreurs et que ses liYres auraient été brûlés « comme contenant damnable, pernicieuse et hérétique doctrine~. • Ou brûla treize volumes imprimés o_ucomposés par Dolet, parmi lesquels figuraient: les Gestes du,Roy, la Manière de se confesser, etc. C'est le moment de rappeler, que presque tous les ouvrages im...

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