212 LA R~ VUE SOCIALISTE « centrale. » C'était une réponse énergique aux menaces formulées par les diplomates réunis autour .du tapis ve1·tdes cong1·è. d 'Aix.- la-Chapelle et de Laybach. Les vainquem·s de 1815axaient org anise coutre les peuples désireux de 1·econquérir leur liberté une sorte d'Internationale des souverains. Respec~ueux çle l'ordre des c ho::;es établi, Monroë s'engageait a obse1·yo1·la plus stl'icte neuti-alité yisà-vis <lel'Espagne. Mais il menaçait tle sortir de sa réseryo si les puissances européennes chel'chaient à mettre à ex.éoution, s ur le te.i•ritoiredu uouveau continent, ce contrat immoral qu'on ap pelait la Sainte-Alliance, et en vertu duq\1el les rois dm·aient se p rêtei· leurs soldats pom· entretuer leurs sujets. 'l'elle est, brièvement résumée, la doctrine c1e1\Ionroë. Les Éta tsUnis semblaient, en 1823, disposés a jouer le rôle de gra1ule scx•m· des nations do l'Amérique latine. Vingt ans plus tard, ollc imp osait au Mexique le traité do Guadalupe-Hidalgo! Nous n'examinerons pas la question tle savoir si Cuba ot Por toRioo, a µropos desquels a été fo1·mulée la fameuse docti-i ne cle Mouroë, ont gagné à rnstet· sous la clomination de l'Espague ou s'il n'eût pas mieux valu pour ces pays de...-etürsoit des états autono me-;, soit des îles sœur de la Jamaïque. Constatons seulement q ue le message ne soule...-apas trop de colè1·es.Lord Brougham 1·e connnt la justesse de· m·gumonts mis en avaut pa1·l\Iom·oëet la diplo matie européenne s'im,Jiua devant la volonté bien an·êtée du gon.. .-et·ncrnent de Washington. Voila pour la dookine! Mais que di re clu commentaii·e de M. Bates? La thèse de Monroë subit, sou· la plume du délégué a la cou fél'ence de Samoa, <lesaltérations étranges. « Les Amé1·icains tloi...-cut « êti·e maîtres chez eux, et nous ne saurions. tolé1•er l'intenentio n u de l'Europe dans la politique intérieure (lu uouveau-co1ùineu t. n Telle est la formule du célèbre président lle l'Union. - « Le gou- « vernement <lesEtats-Unis a le droit et le <levoir <l'empêche 1·les <( nations ùu vieux n1ontle de léser ses inté1·êts en arborant l eur « paYillon sur les terres baignées par l'Océan Pacifique et qui n' ont « pas encore clemaître. » Telle est. la formule que le commentaire place sou· le patronage de l\Ionroë. Signalons les points princi paux de son argumentation. Le g1·oupede Samoa, dit-il, est sih,é sut' la gran,le route mariti me de Sall-Feanoisco à Melboul'Ue. ~llemand::; et Anglais pourr aient abriter dans. ses ports les croisem-s qui donneraient, en temp s <le guerre, la chasse nux naYil'e.;;de commercé l\mé1·icains.L'in térêt des États-Unis est bien netierncnt engagé dans la questio u, et Monl'Oë,en formulant sa cloct1foo,n'c'wait tl'aut1·e bnt c1uedr sauvegard01' ces mêmes intérêts. Le fameux président n'avait pu s011~er aux. îles Samoa. S'il était encore lo locatair~ de la Maison-Blan che, il modifierait sa théorie dans le sens indiqué par M. Bat.es.
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