LA CONFtR~NCE DE SAMOA 213 Telle est la thèse déYeloppéepar l'Illustrated Monthly Magazins. Le système. d'argumentàtion employé par l'auteur de l'àrticle n'était pas fait pour lui concilier les sympathies de M. de Bismarck dont il proclame la mauvaise foi à la face desdeux continents.Le chancelier de l'Empire a mis cepéndant une bonne grâce extrême à paraitre ne plus 8e souvenir de l'incident. Le diplomate américain Il'a pas voulu demeurer en reste de courtoisie. Après avoil' déclaré que la publication du malencontreux article avait précédé sa désignation par M. Blaine, il a rendu solennellement hommage à là droiture cfos intentions de M. de Bismarck. La publication dü dernier vol.urne dü livre blanc, lui a ouYert les yeux. Ce volume a pat'u le 18 avril. On peut y lire le rapport du consul Knappe et l'instruction détaillée em·oyée le 16 avril à M. Stübel, consul général à Appll:l,par le chancelier de l'empire. De ces documents t·ésulte pour M. Bates, nouvelle manière, la preuve ile Jn, parfaite bonne foi de l'Allemag'lle. Cet incident Yidé, il semblait que les négociations ùussent se pour8uivre au milieu du calme le plus parfait. La questloh dé la lallgue a employer dans les travaux de la conférence ayait été tranchée sans difficulté; les délégué8 anglais et américains s'étaient em pt•l:l~- sés d'imposer leur idiome, malgré le~ rept·ésentations du cornte Herbert de Bismarck, fidèle partisan du français. Au cours de la deuxième séance, un nouvel i11eidentdevait se prodltire; M. Kasson délégué des États-Unis a demandé aux représentants de l'Allemagne et de l'Angleterre s'il était vrai qu'un tt·aité fû.t intervenu entre les deux puissances pour le partage de Samoa. Le comte II. de Bismarck a protesté de la parfaite loyauté de son gbuvernement, et sir Edward Malet, ambassadeur d'Angleterre, s'est empressé de rassurer son interlocuteur. Tout en adoptant vis-à-vis de l'Allemagne et de l'Anglete1•1 1e tille attitude moins intransigeante, les représentants des Etats-Unis semblent décidés à s'interdire toute compromission de nature à porter atteinte aux intérêts dont ils ont la charge. Le résultat de la conférence de Samoa sera probablement un triomphe pour M. Bates et ses collègues. - Les diplomates américains ont réellement une supériorité marquée sur les diplomates du vieux monde. Libres de leurs mauvements, profondément dédaigneux de la fausse politesse des cotU'S, ils disent ce qu'ils veulent dire et savent en général obtenir ce que leur intérêt national yeut qu'ils obtiennent. Ils vont droit devant eux et l'on pourrait énumérer les circonstànces dans lesquelles ils n'ont pas atteint le but. Les diplomates réunis à Berlin daigneront peut-être avant longtemps soulever un coin de voile qui cache les résolutions prises à la c~férence. Celle-ci, no11sl'espérons, n'aura _pas seulement pour
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