LA CONFÉRENCE DE SAMOA 211 indulgence dédaig~euse. c: Divers organes de la presse anglaise et « américaine, lisons-nous dans le numéro de l'Allgemeine Zeitung, « qui porte la date du 17 avril, expriment cette opinion que le « chancelier de l'Empire mettra quelque mauvaise gràce à engager « les négociations avec M. H. Bates, délégué des États-Unis à la « conférence de Samoa. Ils arguent de ce fait que le représentant « du gouvernement de Washington a publié dans l'lllustrated Mon- « thly magazine, un article où il part brutalement en guerre contre «l'Allemagne.Les journaux, auxquels nous faisons allusion, con- « naissent bien mal l'état d'esprit du chancelier de l'empire. Que le « gouvernement américain désigne tel ou tel représentant, peu « nous importe, et nous n'avons nulle qualité pour protester contre « son choix. > L'article de M. Bates, qui a donné lieu à de si vives polémiques, est digne d'attention au double point de vue politique et juridique. Nous nous arrêterons d'autant moins aux accusations dont l'auteur s'est fait l'écho qu'elles ont été suivies d'une rétractation solennelle. Mais M. Bates développe, à l'aide de nombreux arguments, une thèse de droit international qui frappe l'esprit du lecteur par sa brutale nouveauté. n· recopie Monroë, en accommodant sa doctrine aux nécessités du temps présent et promène au milieu des postulats sur lesquels a vécu jusqu'à présent la diplomatie américaine la fantaisie de son exégèse. Nous avons présenté M. Bates, consacrons ·quelques lignes à la théorie dont il s'est fait l'inventeur. Les récents travaux des historiens et des jurisconsultes ont Yulgarisé la doctrine de Monroë. Avant d'examiner le commentaire qu'en donne M. H. Bates, exposons brièvement les circonstances dans lesquelles son auteur l'a formulée. C'est en 1823 que Monroë adressa au congrès le fameux message qui a sauvé son nom de l'oubli. Les colonies espagnoles de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale s'étaient mises en révolte ouverte contre le gouYernement de Madrid, Cuba et Porto-Rico étaient déchirés par la guerre civile, et le président de l'Union avait quelque raison de redouter dans ces deux îles une intervention armée de l'Angleterre. Canning n'avait-il pas envoyé dans les eaux des Antilles une escadre dont les canons pouvaient, du jour au lendemain réduire La Havane en cend1·es?Le gouve1·nement de Washington s'émut, et le 2 décembre 1823 Monroë inaugurait la session du congrès par le fameux message qui a exercé une si grande influence sur les destinées de la politique extérieure de la république nord-américaine. • Les É~ats-Unis, déclarait le président de l'Union, s'opposeront « à toute inte:ryention autre que·celle de l'Espagne dans le territoire « des colonies espagnoles de l'Amérique du sud et de l'Amérique
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