/ POLÉMIQUE COLLECTIVISTE 205 d'indemnité, la propriété fit retour à la Société centrale d'agriculture chargée de centraliser l'exploitation du territoire et de pourvoir, par la création de compagnies agricoles locales, à l'organisation de l'agriculture. (Voir les idées révolutionnaires.) Sous ce régime, la rente foncière pourrait être reversée au profit des associations agricoles cultivant les terres de très peu de valeur ou bien elle pourrait être consacrée à payer les frais de gestion du Conseil central de l'agriculture et les grands travaux d'ensemble entrep1°ispar lui. 4° Enfin, la terre arable pourrait être propriété nationale, comme sont aujourd'hui un grand nombre de forêts; mais par la fédération des peuples, dont l'Association internationale est le prélude et l'embryon, cette nationalisation de la terre, comme disent les Anglais, serait de fait l'appropriation collective du sol par la grande société travailleuse et civilisée (nous entendons ce mot dans sa véritable acception, et non dans la signification que lui ont donné les phalanstériens) serait ce que Robert (du Var) appelle la socialisation de la propriété terrienne. Certes, à parler rigoureusement, ce ne serait pas encore la propriété collective du sol à l'humanité, puisque tant de peuples encore, surtout en Asie, en Afrique et en Océanie, sont en dehors du mouvement civilisateur et rénovateur qui emporte l'Europe et le Nouveau-Monde; mais il ne faut pas être prophète pour oser affirmer que ces peuples ou disparaîtront par Yoie d'extinction devant la concurrence vitale des peuples mieux doués, ou bien entreront eux-mêmes dans le courant de la civilisation européo-américaine: dans l'un comme dans l'autre cas, le sol, de propriété collective sociale, devient dès lors propriété humanitaire. Pas plus que cela, quoi qu'en pense la Liberté. Sans doute, nous sommes loin de cette propriété collective humanitaire, et nos considérations sur ce sujet feront rire des gens aussi ennemis de l'utopie que les rédacteurs de la Liberté; ils pourront une fois de plus nous appeler ironiquement « rénovateur de la société » et auteur de « recettes palingénésiaques ». Que bien leur fasse, le rire est sain et la plaisanterie est une récréation bien innocente. Mais qu'ils n'oublient pas cependant que si notre pauvre esprit, possédé par la manie de la généralisation, a oséjeter un coup d'œil sur les destinées probables de la propriété dans un lointain avenir, le Congrès de Bâle a été plus pratique en déclarant non le principe de la propriété collective humanitaire, mais seulement le droit et la nécessité de faire entrer le sol à la propriété collective de la société, en laissant du reste les moyens et les voies de transition à la décision de chaque peuple, décision qui ne peut manquer d'être influencée par les habitudes, les traditions, la constitution particulière là la propriété dans chaque ·pays, les circonstances au
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