204 LA REVUE SOCIALISTE travailleurs (soit des associations particulières de travailleurs, soit la grande société elle-même composée uniquement de travailleurs) et nullement par des collectivités de propriétaires oisifs. Ainsi les terres appartenant a des ordres religieux· sont propriété collective de ces religieux, celles appartenant à des compagnies de capitalistes sont propriété collective de ces capitalistes; mais lorsque nous, socialistes, nous recherchons le mode d'appropriation collective le plus convenable à une société égalitaire, nous n'avons rien a <lémêlei· avec ces collectivités-là. Or, voici les quatre formes d'appropriation du sol dont nous parlions plus haut : 1 ° La terre pourrait appartenir à des collectivités restreintes ou associations agricoles, comme certaines usines appartiennent à <les associations d'om-riers industriels; ce serait, en un mot, la généralisation des sociétés coopératiyes de proàuction clans le domaine de l'agriculture, dont les associations de Norfolk, en Angleterre, pat· exemple, celle d'Assington, nous présentent dès aujourd'hui le type. Ces associations se généralisant, devenant la règle au lieu de l'exception qu'elles sont actuellement et tendant a se solidariser, pourraient se répartir la rente foncière de façon à niveler pour chacune d'elles les conditions d'exploitation. (Ici chez ces cultivateurs anglais, le trayaiJ collectif précède donc la propriété collective.) 2° Comme les conditions d'une bonne culture exigent que l'exploitation ait au moins une étendue d'une lieue carrée (Yoir Foul'- l'ier, ainsi que Proudhon dans sa nouvelle Théorie de la propriété), on peut prévoir que le système des associations agricoles aboutirait à la mise en commun des tert'es de la commune. Chaque commune rurale pourrait ainsi ne constituer qu'une seule association agricole (sans doute plus ou moins incliYiduelleen même temps) et le sol se trouver une propriété collective communale. La commune russe nous offre aujourd'hui un type de cette forme de la propriété collective, bien que souvent la culture ne s'y fa se pas par association, mais par la famille. (Ici clone dans la commune slave, la propriété collective précède la culture collective.) 3° Le sol pourrait être la propriété collective de l'ensemble des groupes agricoles d'une nation ou d'une confédération des nations, et la haute direction de l'exploitation territoriale centralisée entre les mains d'un conseil nommé par les divers groupes de cultiYateurs. Cet état de choses offrirait une grande facilité pour l'exécution des grands travaux de drainage, de défrichements, de reboisement, d'irrigation. C'est vers cet état que tendait évidemment Proudhon en 1848, quand il proposa de décréter par une loi que, lorsque par l'accumulation d'annuités, le propriétaire serait rentré dans la valeur de son immeuble augmentée d'une prime de 20 0/0 à titre
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