200 LA REVUE SOCIALISTE blent <leYOÎl'différer nécessairement suivant la constitution particulière a lafpropriété foncière des différentes contrées. Quoi qu'il en soit, un peu plus tôt ou un peu plus tard, d'après les pays, les phénomènes de l'industrie agricole et de la propriété foncière se déroulent sous nos yeux suivant la même loi que ceux de l'industrie manufacturière et du capital, et forment aYecces derniers deux séries de faits analogues, sinon complètement identiques. Cette analogie est d'une extrême importance, et la Liberté ne l'a pas même entrevue; si elle l'avaitfait,peut-être n'eût-elle pas aussi légèrement, d'un trait de plume, aboli un phénomène économique. Première serie de phénomènes. Les bénéfices prélevés par le capital sous forme de dividendes, intérêts, profits, pots de vin, etc. croissent de plus en plus; la part du travail décroit, car si le salaire nominal s'est accru pour certains ouvriers, le salaire réel a diminué. Le capital tend a se centraliser, le travail manufacturier a deYenir collectif. Deuxième série de phénomènes. Le revenu du propriétaire agricole augmente; le salaire des ouvriers agricoles diminue, bien que leur salaire nominal ait généralement augmenté. La propeiété agricole, qui tend a se centraliser dans certains pays, tend encore à se morceller dans d'autres; mais dans ces derniers pays même, une tendance nouvelle commence a se faire jour a côté de la première : la propriété agricole pour satisfaire aux. besoins nouveaux., va se centraliser, et le travail agricole par l'emploi des machines, la diYision des fonctions, l'application de la théorie des a solements, tend à devenir collectif dans toutes ses parties, labour, semailles, fauchage, sarclage, défrichement, etc., comme il l'a toujours été, plus ou moins, dans quelques-unes de ses parties essentielles, moisson, fenaison, etc. Ainsi, nous nous trouvons en présence de deux. ordres de faits qui peuvent sembler contradictoires au premier abor<l, mais qui, après une analyse un peu approfondie paraissent suivre la même marche. Nous n'avons pas la prétention d'avoir résolu ici, en quelques lignes, le problème de la collectivité du sol; nous avons simplement montré: 1 ° Que l'obsenation des faits actuels, des tendances actuelles, ainsi que la constatation des nécessités sociales que ces faits créent, peuvent seules conduire a des solutions. 2° Que contrairement aux opinions de la Liberté. la propriété agricole tout comme le capital (machines, ateliers, usines, exploitations minières, voiturières, etc.) tend a devenir collective. 3° Qu'une coml?araisonrationnelle de lois, en apparences contra-
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