La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

J?t}LÉMIQUE COLLECTIVISTE 199 « moyen le plus efficace de combattre les inconvénients que nous « avons signalés. L'association aura pour objet la mise en commun (< des capitaux ainsi que des terres, qui par leur situation conviennent • spécialement à composer une seule et même exploitation. Par ...s. uite, il pourra s'effectuer une division des travaux qui seront « répartis entre les différents chefs de l'exploitation, conformément « aux aptitudes spéciales de chacun d'eux. • Arrangeons-nous; et puisqu'il est impossible de faire une répar- « tition convenable des terres que nous exploitons, les bonnes terres « se trouvant de votre côté, les mauvaises du mien, exploitons le « tout en commun. Nous éviterons ainsi la concurrence, nous pour- • rons distribuer les assolements de façon à réunir en un seul bloc « toutes les cultures homogènes. Il nous sera possible d'employer « ces machines d'invention nouvelle qui fonctionnent avec tant de • rapidité et d'économie; le transport des engrais et la rentrée des " récoltes se feront plus aisément; et nous ne serons plus obligés de « courir sans cesse d'une parcelle à l'autre, d'une extrémité de la « oommune à l'extrémité opposée. ,. Pour le second cas, nous nous contenterons de citer les compagnies anonymes des vignobles en France, et notamment celle qui a acheté pour 12 millions de petites propriétés terriennes dans la Gironde et les a transformées en grande exploitation rurale (voir la Rive Gauche du 3 juin 1866). De même que dans l'industrie·manufacturière nous voyons le petit patron ou l'artisan qui travaillait seul et directement pour sa clientèle, faire place à des associations coopératiYesdes travailleurs ou à des associations de capitalistes, sociétés anonymes ou en commandite, on peut donc s'attendre à voir le petit patron agriculteur et le petit propriétaire cultivant lui-même sa terre faire place à l'as., sociation coopérative des travailleurs ruraux ou a la compagnie anonyme agricole. C'est-à-dire qu'ici encore, bien que par d'autres voies qu'en Angleterre, les tendances nouvelles que déjà on peut apercevoir ci et là,poussent bien plutôt vers un système de propriété et de culture collectives que vers le système du propriétaire possesseur individuel, rêvé par la Liberté. Certes, ces formes de propriétés collectives ne sont pas celles du collectivisme du Congrèsde Bâle, - la terre appartenant à l'humanité tout entière - mais elles peuvent être un acheminement vers l'appropriation collective du sol par la société, tandis que certainement elles ne rnnt pas un acheminement vers la propriété individuelle. Tout cela prouve seulement que, bien que partout la terre doive être la propriété collective de la société, la solution ne paraît pas aussi simple aux collectivistes qu'on veut bien le dire, et que les moyens de transition entr-ecette priopl'iétécollective et la propriété actuelle leur semI

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