186 LA REVUE SOCIALISTE ceptation on tlu refus. C'est celui qui reçoit les avantages sociaux qui lés doit, même s'il ne les a pas demandés, et s'il ne s'en sert pas. Or, qui reçoit le service social? C'est le propriétaire tln sol. C'est lui qui est le collecteur naturel (les senice:-; publics. C'est lui seul qui doit l'impôt, tout l'impôt, parce qu'il est le pourvoyeur, le fournisseur, l'approvisionneut' de tout ce qui e;e;tnécessaire a l'existence. Celui qui n'a pas de sol est : soit le tributaire forcé (si la terre est exonérée) soit le client libre (si elle est taxée) de celui qui le possède. Il ne peut boire, manger, se Yêtir et se loger, il ne peut jouir de la lumière du jour et cle la chaleur bienfaisaute du soleil, sans s'adresser au pr0priétaire terrien. Si celui-ci est exonéré, il peut faire aux non-propriétaires les conditions les plus dures et les plus a,-ilissantes. Il peut les affamer en faisant chômer sa terre; il peut les chasser de son domaine, les p1•iyerde tout moyen d'existence, ou ne leur accorder que le strict nécessaire en échange d'un travail excessif : clans ces conditions, les non-propriétaires sont des tributaù·es ('orce's du propriétaire. Si au contraire le propriétaire terrien est taxé, il ne pourra plus laisser sa ter1·e en friche, ni imposer des conditions léonines. 'l'ont en restant le pourvoyeur naturel du non-propriétaire, il dépendra de celui-ci autant et plus que celui-ci rlépendra de lui. La taxe donnera des clroits sur la terre aux non-propriétaires, en limitant et diminuant considérablement ceux des propriétaires. Les propriétaires taxés auront autant besoin des non-propriétaires, qu'un boulanger a besoin de ses clients. Il n'y aura plus domination du propriétaire taxé sur le non-propriétaire, mais solidarité entre eux et réciprocité de besoins. L'offre et la demande se balanceront, s'équilibreront. Le non-propriétaire ne sera plus un tributaire, mais un client libre du propriétaire. Le propriétaire taxé reste le pourvoyeur du non-propriétaire; a ce titre, il doit l'impôt. Dès qu'il sera imposé, il sera plus dépendant que le non-propriétaire,puisqu'il aura une respo11Sabilitr' que celui-ci n'aura pas. La taxe l'obligera a produire, a cultiYer et a vendre au plus bas prix possible, sans pouvoir la rejeter sut son client, comme le fait le commerçant pour les impôts indirects; il devra en demander le remboursement à la mise en valeur des services sociaux. C'est en améliorant le sol, en le fécondant et le fertilisant, qu'il se remboursera de ses avances. Les produits supplémentaires obtenus paieront les impôts. La taxe métrique ùu sol provoquera un accroissement de production dont.la valeur sera supérieure a la taxe ellemême. L'impôt sera couvert, et au delà, par les ex.cédants de rendements obtenus par une culture plus intensive. Toute incidence de l'impôt cessera. Au lieu d'entraver la production, il la stimulera· au 1 '
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