178 LA REVUE SOCIALISTE que déceptions et désillusions, en leur démontrant chaque jour la stérilité des efforts, l'infructuosité de la lutte, et l'impossibilité fatale de tout avancement. On Yoit le malaise s'étendre des classes inférieures aux classes moyennes, et l'on sent que <lemoins en moins il y a place au soleil pour les multitudes. D'où cela vient-il? Quel est le secret d'une situation si contraire non seulement à la justice, mais, il faut le reconnaître, au désir sincère de la plupart de ceux-là même qui sont les bénéficiaires d'un état de chose attristant pour tout le monde? C'est p1·éci.ément ce que ce Congrès s'est proposé clerechercher, en étudiant la situation dans ses deux éléments fondamentaux : LA Tr<:nRE ET L'rnPOT. Nous savons déjà, par tout cc qui a été cl il ici hier cl aujorn·<l'hui, r1uel'01·ganisation cle la propriété tcr1·icnnc gouyei•nc les nations, cl que les inégalités sociales pl'ovienncnt 01·iginairemcnt des inégali lés agraires. Nous savons aussi que la question agrafrc et. la question fiscale sont inséparables et ne font réellement qu'une seule et même question, puisque la première reYiendra toujoul's à taxe1· ou a exonérer le sol, c'est-à-dire a faire ou a ne pas faire payer, sons le titi·c d'impôt., rente, loyer ou fermage, une redevance foncière a la communauté en représentation de se· droits. Exonérer le sol, ou le taxer: Yoilà tout le dilemme agraire, fiscal, social. Exonération et accaparement du sol. sont deux phénomènes corrélatifs. On peut. en trouve1·la Yérification dans nos sociétés européennes. Taxation du sol et égalité ag,·ai're, sont deux autres phénomènes corrélatifs que l'on peut déjà vérifier en Chine et ailleurs, et qui se confirmeront plus tard clans notre pays quand on y applique1·ala répartition métrique des imp6ts. Rien de plus frappant que le parallélisme entre la répartition du sol et la répartition des imp6ts dans tom; les pays du monde. Ce n'est pas la propriété indivicluelle du sol qui est la cause p1·emière du mal social, mais son exonération. Ce n'est pas l'appropriation collectiye du sol qui remédiera aux maux de la société, mais la taxe unique sur la surface du sol. Remarquons tout spécialement que la question fiscale est double : En exonérant le sol, on taxe le travail, ce qui est un double fléau; En taxant le sol, on exonère lP,trnvail, ce qui est un double bienfait. Mais si les deux fléaux sont cori·élatifs, il s'en faut de beaucoup qu'ils fussent d'égale importance. Le fléau de l'exonération du sol est autrement grave et nuisible que celui des imJ)6ts sw· le travail. Le premie1·est général, le secouclest spécial.
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