La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

CONGRÈS lNTEHNATIONAL AGIIAIHE 177 Comme8000 fermes et 13.000 maisons avec quelques acres sont occupées par des locataires, le nombre réel des grands propriétaires ne dépasse pas 121.000. Tandis que nous avons 121.000 grands propriétaires et fermiers qui possèdent tout le sol danois, nous avons 100,000 travailleurs de l'agriculture et 100.000dans les villes, qui n'ont aucune part au sol. Pour vivre a la campagne, il faudrait au travailleur 125 dollars par an; il n'en gagne que 75. Pour vivre a Copenhague, il faudrait pour le mari et la femme 225 dollars par an, et 40 dollars pour chaque enfant. Mais il y a 20.000 travailleurs qui ont de 2 à 7 enfants et ne gagnent que 200 dollars par an. Pom· ceux qui doivent gagner leur vie, le présent système d'impôts est très lourd. Le revenu total de l'Etat est d'environ 13.000.000 de dollars. La part contributive de chaque travailleur est de 8 dollars; et comme les travailleurs des campagnes ne gagnent que 75 dollars, c'est un impôt de 10 0/0 de leur salaire. Nous voulons l'abolition de tous les impôts qui g1•èyentles travailleurs; nous demandons la taxe unique sur le sol, telle qu'Hem·y George l'indique, c'est-a-dire sans atteindre ni les constructions, ni les améliorations foncières, ni les produits du travail. Les fermes sont chargées d'hypothèques. De 1871a 1885, les hypothèques grevant les terres cultiYées, augmentèrent de 160 millions de dollars. Les hypothèques sur les terrains affectés a l'agriculture s'élèYent en totalité à 300.000.000de dollars. Les intérêts de ce capital sont chaque année de 12.000.000de dollars. Le c1·éancier est le véritable propriétaire du sol.Les créanciers hypothécaires sont pom· la plupart des étrangers. Ce sera un obstacle a l'adoption de la taxe unique. Arnnt peu, nous aurons notre association danoise pour l'impôt unique. Nous sommes des admirateurs et disciples de Henry George, et nous marcherons à la conquête de nos droits :sur le sol avec ce cri <leralliement des croisés : Dieu le veut! M. TOUBEAU, auteur de la« Ripartition métrique des impôts». Si nous comparons la situation économiquedes classes laborieuses en France, spécialement sous le rapport des impôts et de la propriété terrienne, en 1789et en 1889,nous constaterons des différences qui ne seront nullement en faveur de notre époque. Les privilèges fiscaux que l'on avait abolis en 1789, sont aujourd'hui rétablis sous une autre forme, et les inégalités agraires qui, alors, provoquaient des soulèvements, sont redevenues plus choquantes quejamais. Nos progrès scientifiques et industriels, nos inventions et découvertes, ont fait la fortune d'un petit nombre, mais n'ont procuré aux masses 12

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