La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

CONGRÈS INTERNATIONAL AGRAIRE 175 On peut y a1Tiver graduellement en abolissant d'abord les impôts les plus vexatoires. Au fur et à mesure que disparaîtront les taxes actuelles pour se fixer sur la surface nue du sol, la rente, actuellement perçue par les propl'iétaires indiùduels,rentrera a la communauté, où elle produira autant de bien qu'elle produisait de mal aux mains des propriétaires. • Sous ce système, nul ne pourrait garder une terre inculte ou mal cultivée sans se ruiner; nul ne pour1·ait garder plus de terre que ne lui en permettraient ses propres forces. Tout ce qui dépasserait cette limite serait nécessairement offert à quiconque en aurait besoin et désirerait en cultiver, ce qui détruirait peu à peu le sala1·iat forcé, et le système locatif. Personne ne voudrait plus travailler pont· un vil salai_resi la terre était accessible à tous; comme personne JJe voudrait en louer à des couditions oné1·eusesentravant ln libel'Lé. La taxe unique sur le sol stimulei·ait considét-ablement les améliorations fonciè1·eset la production puisfJ_ue,l'impôt étant indépendant L1esproduits et des récoltes, chaque unité produite aut·ait d'autant moins à supporter que le nombre d'unités serait plus conûdérable; en d'autres termes, le.taux relatif de l'impôt diminuerait en proportion de l'accroissement des peoduits. Tout ce que le t1·avail pourrait ajouter au rendement normal, tout ce qu'il pourrait économiser, lui appartiendrait intégralement sans jamais être soumis à aucune taxe supplémentaire. La propriété des produits du travail individuel serait pleine et complète. A première vue il peut semblei· ridicule de présenter comme solution complète du problème social, une simple réforme fiscale. Mais ceux qui étudieront la question clans son principe fondamental et dans tous ses développements, verront clairement que cette simple réforme renferme le germe d'une révolution plus complète que celle qui a détruit l'ancienne monarchie et aboli l'esclavage domestique. . Ils verront que l'impôt unique n'est plus un tribut. prélevé sur le travail comme les impôts actuels, mais le prix d'une valem· qui fo1'cémen.tsera mise à profit. Au fond l'impôt unique est un loyer. L'impôt unique sui· le sol détruirait formellement le monopole cle la terre en n'en rendant la possession profitable qu'à ceux qui la feraient valoir. Toute spéculation en terres deviendrait impossible, puisque les accroissements de valeur provenant de l'augmentation de la population seraient régulièrement absorbés par l'impôt. Tout chômage du sol, toute culture pauvre et extensiYe, seraient également impossibles, parce que la taxe les rendrait ruineux. Par l'impôt unique, le sol cesse d'avoir une valeur vénale; le possesseur ne pourrait jamais céder que la rn.leur du ti·avail accumulé sur le sol, et non la valeur même d.11 sol, puisque rot.te val-em·se1·ait complètement absorbée pai· la communauté.

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