164 LA REVUE SOCIALISTE tement. Une nouvelle route n'a donc chance de se Yoir sil lonnée de navires, que progressivement, avec une extrême lenteur. Suez nous en offre un exemple probant. Il est ouvert depuis plus de 17 années, il oilre à la navigation des facilités que Panama sera loin de lui présenter. Et cependant, après 17 années d'exploitation, les deux ctnquiëmes du trafic normal lui échappent, suivent la vieille route du cap de Bonne Espérance.On ne saurait clonetabler pou r Panama sur les chiffres plus haut. En admettant qu'au lendemain ile son 01rrcrture, dan un an ou deux, il obtînt auprès des armateurs les mêmes faveurs que Suez a mis 17 ans à conquérir, on devrait donc réduire ces éYaluations de transit au moins des 2r5•: soit de 1.340.000 tonnes, ce qui laisse une évaluation encore très hypothétique de 2.000.000 de tonnes, dont le produit annuel s'élèverait à 32 millions en chiffres ronds. Ce chiffre de 2.000.000 concorde avec celui auquel M. Levasseur e t arrivé au Congrès. « Nous comptons deux millions pour un courant qu'on estime devoir se former », disait-il. La réserve n'est pas suffisamment en relief, - mais M. Levasseur l'a trouvée sufDsante pour le repos de sa conscience scientifique. Que celle-c i lui soit légère! Donc, en procédant par évaluations optimistes comme n ous Ye- nons de le faire sur les chiffres mêmes de la Compagnie, o n arrive à trouver un trafic possible pour Panama de 2millions de to nnes, pro- duisant annuellement un revenu brut de 32 millions, insuffisants par conséquent de 70 ou 75 millions aux charges de la compagnie, alors que le canal est à peine commencé! Mais le reYenu brut annuel est calculé d'après le droit de pas- sage de 16 francs par tonne, quand les armateurs tributaires de Suez, ont trouvé exhorbitant le droit de 9.50. Croit-on que ce tarif de 16 fr. ne sera par une cause d'éloignement considérable pour le trafic normal de Panama? Il faudrait ne pas connaître l hostilité toujours grande de la navigation envers les droits de pé age, pour oser soutenir que l'élévation du tarif de Panama n'éloigne ra pas un grand nombre clenavires qui eussent passé par la nouvell e voie si les tarifs eu ent été plus bas. Enfin, pour mémoire, car je serais en- traîné trop loin si je devais formuler ici des objectious détaillées comme les précédentes, ces évaluations de tonnage ne tien nent pas cornpte de la différence entre le tonnage brut et le tonnage réel, qui est importante et qu'on devrait encore retrancher des chi ffres plus haut; car le tonnage réel seul paye des droit.s de passage . Ces di- verses réductions diminueraient encore singulièrement l e total de 32 millions que nous avons obtenu. Acceptons, cependant, ce c hiffre, et tenons-le pour définitif.
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