12 LA REVUE SOCIALISTE tait a la ville; mais ses ennemis, et surtout Drusac, exaspérés de plus en plus, obtinrent un décret défendant à Dolet de rentrer dans Toulouse. Il se décida à partir pour Lyon où il arriva le l er août 1533, dans un état de santé presque désespéré, et qui l'avait déja obligé de s'arrêter quelques jours à Puy-en-Velay. Il rendit visite à Sébastien Gryphe, imprimeur célèbre, auquel il ayait été recommandé par son ami Jean Boyssonne. Ce fut chez Gryphe que furent imprimés ses harangues contre Toulouse, accompagnées de quelques autres opuscules. C'est tandis que Dolet rétablissait sa santé délabrée· par les fièvres intermittentes, à la campagne, aux e1wirons de Lyon, que les Harangues Yirent le jour. Dans quelles cü~constances? Simon Finet, dit Fenetius, son fidèle ami, nous l'apprend clans une lettre au chanoine Cottereau, dont nous extrayons le passage suivant : « Mais moi, je n'ai pu souffrir que la 'maladie importune reculât plus longtemps la réparation due à l'honneur de mon ami; je n'ai pu voir ses infàmes persécuteurs se targuer plus longtemps de leul' impunité. Apprenez donc à quelle résolution je me suis arrété, pour défendre la réputation <l'un homme que j'aime, et décidez ensuite quelle part d'éloge ou de blâme il doit m'en revenir. Vous connaissez comme moi les deux discours qu'il a prononcés à Toulouse, au milieu d'une affluence d'auditeurs telle, que nul orateur de nos jours ne peut se flatter d'en avoir jamais réuni de semblable. Vous savez, en outre, qu'il n'y tl'aitait point un sujet en l'ail', mais un thème réei et que les circonstances avaient eu soin de lui fournir. Eh bien! ces deux discours, je les ai secrètement dérobés à leur auteur; je les ai enrichis, toujours furtivement, de deux livres supplémentaires, composés d'épîtres latines qui cadrent à merveille ave0 les discours en question ; puis, comme une proie si riche redoublait mon avidité, j'ai l'ecueilli, par la méme occasion, deux livres de ses poésies latines, et j'ai publi~ le tout à l'insu et sans l'avis de l'auteur». • Dolet, on le voit par les citations que nous avons données, était loin d'être patient. Si l'on songe qu'il était jeune, ardent, passionné; si l'on se souYient des railleries, des injures, des calomnies dont l'aYaient abreuvé les Toulousains; de la tentative d'assassinat dont il avait été l'objet, on comprend sans peine, que, hors de danger, il ait accumulé clanssa secondeharangue, les traits les plus mortifiants, .les plus acerb8s, souvent même d'une extrême violence - ne l'avait-on pas précédé dans cette Yoie, - comme Pinache et ses compagnons, contre les fanatiques habitants de Toulouse, quelquesuns de ses magistrats, par exemple le juge Dampmartin, et surtout contre l'ennemi des femmes, le sieur de Drusac, homme vindicatif et sans cloute l'auteur principal des malheurs et des chagrins de Dolet. Dolet se décicla,à renoncer au droit et a reprendre ses études latines. Dans ce but, il quitta Lyon et se rendit à Paris où il arriva le 15 octobre 1534. C'était l'année où Ignace de Loyola posait, dans
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