LOIS ET PRINCIPES DU_ DROIT SOCIAL 145 M. 'farde s'est cru aut<1riséà confondre ensemble le délinquant. endeçà du droit actuel et le délinquant au delà. Voici certes une conception peu scientifique, car, du coup sont scélératifiés Voltaire, Diderot, Condorcet, et tous les hommes d'action qui ont tenté de réaliser la pensée de ces philosophes et d'en faire la base du droit actuel. VII. - L'évolution du Droit étant étroitement liée à l'évolution industrielle, politique, mentale et morale des sociétés, puisque le Droit fixe les rapports humains à tous leurs états d'évolution,l'évolution du Droit s'opère-t-elle d'une manière permanente et régulière?, Pas plus que l'évolution des formes industrielles, politiques, mentales et morales,l'évolution du Droit ne s'opère avec une précision-mécanique dans le sens du mieux, et les sociétés modernes ne peuvent pas encore se considérer comme absolument à l'abri d'un retour aux formes jul'idiques primitives. Mille causes peuvent amener la rétrogradation du Droit, bien qu'elles soient de moins en moins nombl'euses à mesure que le degré de civilisation s'élève, et qu'elles ne se produisent que sous l'influence d'une modification artificielle du milieu social, conime dans le cas que voici: En Amérique,lorsqu'un territoire neuf est envahi par la population blanche, le premier soin des immigrants,-renus de tous les points de l'Europe et de l'Amérique culti~rée,est d'adapter leur notion du Droit au milieu dans lequel ils sont transplantés. Cependant, cette notion serat-elle aussi élévée et produira-t-elle autant d'effets utiles qu'en Angleterre,ou en France,ou à New-York? Non. Dans leurs rapports avec les indigènes, premiers occupants du sol envahi, les immigrants emploieront, selon les cas, la ruse et la violence, non pour amener les indigènes à s'incorporer au nouveau groupe, mais pour les faire totalement disparaître. Le procédé n'a varié depuis Pizarre et Cortez que dans les formes employées, et, n'étaient leur grand nombre et leur vitalité, il y a beau jour que nos Arabes d'Algérie aurai_ent été exterminés ou tout au moins refoulés dans le désert. Dans l~urs rapports enfre eux les immigrants appliqueront-ils au moins tel quel le Droit qui les régissait dans leurs pays d'origine? Pas davantage, et la fréquente application de la sauvage loi du Lynch dans les districts écartés des Etats-Unis dispense d'un plus long commentaire sur ce sujet. VlII. - Ces rétrogradations, si elles ne s'excusent pas lorsqu'on les juge à la lumière du concept moral actuel, s'expliquent du moins par des nécessités de conservation sociale qui font au groupe civilisé une loi de se protéger conti'e les non-civilisés du dehors et du dedans, et qui ne lui laissent guère le choix des moyens. Mais ce iO
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