La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

138 LA REVUE SOCIA.LISTE De faits semblables, les exemples abondent. Les internationalisteg et. les blanquistes étaient-ils assez divisés de 1866 à 1868? Pourtant dès que la situation deYintgrave; ils s'unirent pour l'action; ils menèrent ensemble la propagande orageuse des réunions publiques; ils se réunirent plus tard, sous les auspices ile l'Internationale, dans ce club central de la Corderie d'où est sortie, toute armée, la Commune de Paris. Il en serait de même, n'en doutons pas, le jour où le clairon rlê l'action obligatoire immédiate appellerait aux luttes tragiques lfüi socialistes et les révolutionnaires des partis divisés. Pour tous ces motifs, tout en déplorant la scission pe1•sistante, nous avons salué avec joie le grand déploiement de forces socialist.es qu'ont révélé les deux Congrès socialistes internationaux de 1889. Et en voyant le Conseil municipal de Paris, si louable en cette occasion, offrir, dans son Hôtel de ville, le vin d'honneur aux délégués des deux Congrès sans distinction et a des milliet's de socialistes français et étrangers fraternellement convoqués et yenus avec empressement; lorsque nous avons pu entendre sous les voùtes du palais communal les accents surhumains de notre Ma1·- seillaise et les notes vaillantes de !'Hymne de Gariba/,di retentir successivement dans les vastes salles du palais communal, glorifiant la fraternité des peuples, en même temps que les combats héroïques de la liberté politique et de l'égalité sociale, nous avons eu le sentiment que quelque chose de grand et de plein de promesses se passait en ce moment, ùans ce grand Paris de la Révolution, cœur et cerveau de la France militante et novatrice. Oui, nous pouvons le dire, si tout est sombre, plein de troubles, conflits et de sanglantes mena.ces autour de nous, s'il est de nofre deyoir de ceindre nos reins pour les combats qu'on imposera peut être bientôt à la France révolutionnaire, à la liberté moderne et au socialisme, menacés par les mêmes ennemis, une consolation nous reste : l'aurore glorieuse de la République sociale pacificatrice, régénératrice et consolatrice pointe déjà sur les cimes des proches et glorieux lendemains. B. MALON.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==