LES CONGRÈS INTERNATIONAUX SOCIALISTES DE PARIS 137 de Lancry que rue Rochechouart. Ceux, Vive r Internationale aussi bien rue Rochechouart que rue de Lancry. Des deux côtés, le même jour, on a fait le pèlerinage du PèreLachaise et c'est au nom de l'un et l'autre Congrès qu'au pied du «< mur des fédérés ,. des socialistes allemands, anglais, italiens, austro-hongrois, espagnols, suisses, belges, hollandais, danois, américains ont protesté de leur haine pour les Versaillais massacreurs, de leur admiration pour les fédérés communalistes qui tombèrent, au nom du prolétariat socialiste et au cri de Vive l'Humanité, dans la sanglante insurrection sociale de 1871. Mais, dira-t-on encore, cette lutte de personnes étant plus mesquine et plus stérilisante que la lutte des idées n'en est que plus déplorable. C'est vrai et nous ne saurions le méconnaître, nous qui avons écrit. ici même une apologie de la libre recherche, opposée aux tristes querelles de personnes (1). Toutefois nous persistons a ne pas accorder trop d'importance aux inimitiés qui affaiblissent et divisent, en ce moment, le socialisme français et les raisons invoquées sont valables. En ce temps d'égalitarisme et de critique a outrance, les chefs pèsent bien peu et devant une situation révolutionnaire, faisant de l'union une nécessité, ils seraient jetés commeun brin d'ivraie s'ils voulaient s'opposer a l'action commune des groupements actuellement divisés et qui couraient alors au même combat, sous la pression des circonstances. (1) « La recherche sincère, telle est avant toute chose pourtant, en ce temps d'âpres conflits d'hommes et d'idées, le devoir de tous les émancipés. Chacun doit se plier à ce commandement de la destinée : « Tu seras le perpétuel travailleur de ton p1·opre mérite " et pouvoii- se dire avec un des plus nobles esprits de ce temps : « Nous aurons ces grandes vertus du philosophe: l'amoUI' « de la vérité absolue, la croyance à sa réalité et l'espérance de s'en rapproc cher sans cesse. ,. La libre recherche a des avantages d'un autre ordre. Vous n'éteindrez jamais la combattivité dans le cœur de l'homme. Si vous prétendez lui fermer les tournois de l'idée, e Ile s'exercera contre les individus. De là les médisances, les calomnies, les perfidies, les hostilités basses, les intrigues qui, non seulement rapetissent et dissolvent les partis, mais encore transforment les compétitions politiques en combats de sangliers, empoisonnent la vie sociale et enveniment toutes les relations humaines. « N'en voyons-nous pas les plus attristants exemples en ce moment à'inquiétude et de trouble où les haines de personnes ensauvagissent et stérilisent le!! luttes politiques 1 c Que cette combattivité puisse, au contraire, trouver son dérivatif dans les nobles rivalités de la pensée, elle élèvera les cours au lieu de les abaisser, et purifiera les consciences au lieu de l!Js corrompre et de les racornir, car il est vrai le vieil axiome : De la discussion nait la lumière; il ne s'agit, pour qu'il en soit ainsi, que d'être, de part et d'autre, modeste et de bonne foi, ce qui est à la portée de toutes les intellig-ences. » (Revue Socialiste du 15janvier 1889, article : les Confluents du socialisme).
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