CONGRÈS INTERNATIONAL AGRAIRE 113 Voilà pour l'Etat. Pour les trayaux,et en général,pour les dépenses que les communes pouvaient faire elles-mêmes, la contribution de chaque citoyen a été établie de la même manière et d'après le méme procédé: c'est toujours l'impôt superficiel, l'impôt métrique. Cet impôt des communes est plus fort parce que plus le sol se couYre d'habitants, plus il est nécessaire d'approprier le ·ol à leurs besoins. Cependant cet impôt est resté aussi fixe, il n'est toujours uniquement fondé que sur la superficie et l'on n'a jamais tenu compte de la plus-value causée par l'augmentation de la population. Pourquoi, en effet, en aurait-on tenu compte? Dans quel but? La collectiYité doit-elle se proposer autre chose que de satisfaire aux dépenses publiques, deYemies et Peconnues nécessaires? Doit-elle thésauriser? Ce serait .tout à fait contraire à la. conception que se font les Chinois, des droits et des pouYoirs de la collectiYité. Il est cependant des cas où l'impôt, tel que je viens de le montrer en Chine, n'est pas suffisant : c'est lorsqu'il s'agit des améliorations à faire sur les portions du territoire réduites à une ou à quelques communes. L'on a alors recours à une autre sorte de contributions dont on laisse la quotit.è a la génè1·euse appréciation des habitants. En Europe, où les impôts sont toujours forcés et très lourds, ces contributions resteraient peut-être illusoires. En Chine, il n'en est pas ainsi. L'impôt superficiel, l'impôt métrique, en laissant à chacun le fruit entier de son trarnil, a eu un très grand mérite: il n'a pas seulement st.imulé la production des subsistances, il a stimulé aussi l'accroissement de la population. Et c·e~t très facile à comprendre. Comme le producteur aYait à se fail'e rembourser l'impôt, payé à l'Etat ou aux communes par les consommatem·s de ses produits, il trouyait d'autant plus de facilité à placer ses produits qu'il y ayait plus de consommateurs. En d'autres termes, plus un hectare se couvrait d'habitants, plus l'impôt se divisait pour en arriYer à être presque insensible à chacun d'eux. Aujourd'hui, si l'on divise la totalité de l'impôt supporté par les 330.000.000 d'hectares qui forment la superficie du territoire chinois, on trouve que chaque habitant ne paie tout au plus que 3 francs, La générosité sur laquelle est fondée la dernière contribution dont je Yiens de parler, est expliquée. Moins on exige de l'habitant, plus on a le deoit d'en attendre. En fait, lorsqu'il s'agit non pas seulement de dépenses d'utilité publique, tels que canaux, routes, ponts, écoles, mais même de dépenses relatives à de simples satisfactions de plaisir, tels que théâtres, fêtes publiques et jeux de toutes sortes, l'on ne comptejamais à tort sur la spontanéité des Chinois. Leurs contributions, tout à fait facultatives, sont quelquefois d'une sapèque, c'est-à-dire d'un demi cens
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