La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

CONGRÈS INTERNATIOJAL AGRAIRE 111 jours au moins autant d'arnntages qU:el'exploitation collective de l'Etat, et que par conséquent le premier système sera toujours préférable au second, quand même il ne lui serait pas supérieur. Ce que nous youlons, c'est la. liberté absolue de l'indi.-idu et l'aftranchissement de la production et de tous les produits. En Allemagne, la difficulté des réformes agraires .-ient principalement de ce que les hypothèques couvrent environ 40 0tO de la valeur du sol et des constructions, de sorte que toute la rente fonciè1·eest absorbée par les capitalistes qui prélèvent l'intérêt a un taux supèrieur a celui de la rente foncière. Nous sommes obligés de tenir compte des droits des ceéanciers hypothécaires en les indemnisant. M. EUGÈNE SrnoN. La propPiété du sol en Chine a passé par toutes les formes, avant d'en arriver à la forme actuelle. D'abord collective dans la tribu, elle est devenue collecti ye dans l'Etat, et elle emportait avec elle non seulement la propriété de la terre ellemême, mais la propriété de tous les biens qu'elle prnduit fécondés par.)e travail de l'homme. Les champs, les habitations et tout ce que les habitations peuvent contenir étaient la propriété de l'Etat. Alors l'Etat n'était pas chez les Chinois ce qu'il est aujourd'hui. C'était un être, une entité pour ainsi dire anthropomorphe, qui possédait, administrait, gouvernait et jouissait comme un individu. Il est vrai qu'il devait en retour assurer le bien-être de chacun, ou pounoir au moins a la satisfaction de ses besoins les plus essentiels. C'était en quelque sorte un Etat-Providence, çomme le dieu de la plupart des religions. Mais comme ce dieu, il abusa bientôt de la confiance publique et plus il devînt fort, plus il fut despotique. Vous dire ici tous les excès que cet état de choses entraîna serait trop long et m'écarterait de mon sujet. Mais il est facile de vous en rendre compte en considérant la situation des peuples chez lesquels cette notion d'un Etat-Providence s'est encore consenée, les guerres qu'elle a causées et les dépenses qui en ont été la suite et qui pèsent d'un poids si lourd sur les citoyens, etc., etc. Instruits par l'expérience, par une expérience qui a duré plusieurs siècles, les Chinois l'ont répudiée depuis près de 1800 ans et l'Etat n'est plus pour eux qu'un être de raison qu'ils ont cherché à réduire à sa plus simple expression. Chez eux l'Etat a été décentralisé à un point tel qu'ils peuvent dire avec beaucoup_de just.ice quechaque famille doit.être un petit Etat. En effet, la plus grande partie des pouvoirs qu'on a été peu à peu habitué à résigner entre les mains d'une administration publique, sont exercés dans chaque famille, ou tout au moins par chaque commune, tels par exemple la justice, l'enseignement et tout ce qui peut être réalisé par les

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