La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

110 LA REVUE SOCIALISTE ni les améliorations ionciè1·es, ni les constructions et plantations; il doit mmplacer tous les impôts actuels, directs, inüirects. M. MrcnAELFLunscrrnnr, de Baden-Baben. Il faut distinguer le capital fictif du capital réel. Le cavital fictif comprend d'abor,1 les fonds d'Etat. Ce capital a existé, mais il a été <léti·uit,il n'existe plus. La dett~ publique n'est plus qu'un tribut préle-vé sur le tea-vail comme la rente foncière elle-même et les hypothèques constituées pour l'achat de terres. La rente foncière est aussi un capital fictif, en ce sens qu'elle représente une valeur clonnée par la société en général, et non un travail spécial de l'iuclividu. Le capital réel est celui qui se compose d'améliorations foncières, clebâtiments, machines, outils, meubles, proYisionset autres produits existants. L'inléeêl; du ,Tai capital, du capital procluit paL·le traYail, du capital senant d'instnunent de produdion, n'est pas un clanger social. l\Iais l'inté1·êt <lucapital fictif, clu tL·ibutpréle-vé sm· le trnntil et qui n'est que la rente foncière, réelle ou cléguisé0, est la vraie cause de nos crises économique::;, le::;quelles p1·oyiennont de l'insuffisance de la consommation. Les gean<lsprop1·iétaires, rentiers et capitalistes, ne consomment qu'une pa1·tiede lem·s reYenus. Ils ne con::;ommeiitpar conséquent qu'une partie de ce que p1·oduit l'irnlustrie. Il en l'é::;ullo que les producteurs ne peuYent écouler qu'une pai·tie de leurs mai·chandises. D'un autre côté, le tribut préleYé par les grands capitalistes sur le traYail, diminue le pouvoit· d'achat des trayaillem·s, et ne permet pas a ceux-ci de consommer tous les prorluits de l'agriculture et de l'industrie, lesquelles sont encomb1·écs de procluits im-enclu:-;. On voit par là, que la cause pl'emièt·e du phénomène 1wmmé surproduction, et qui n'est autre chose ciue l'insuffisance <lela consommation, provient originairement do l'appropriation clela 1·ente foncière par quelques particuliers. Il suffira de restituer la rente fonciè1·c a la collcctivitô pour ren<lre impossible le placement des capitaux. en tet·1·es,et la capitalisation du tribut prélevé sur le tl'aYail eu fornls publics et en hypothèques. Pat· la nationalisation de la r0nte foncière, on c1étruil'a la cause clel'avilissement des salaires. on relè-vera la consommation, et l'on assurei·a l'écoulement des p1·oduits,en ouyrant ùes débouchés au sein de la classe ouvriè1·e. La nationafo,ation du sol n'implique pas la production par l'Etat ou par toute autre communauté. Il sera facile de prouver qu'avec la liberté absolu~ du travail, la production individuelle donnera tou-

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