CONGRÈS INTERNATIONAL AGRAIRE 109 tantôt· sous un prétexte et avec les apparences de la légitimité, tantôt sous un autre et sans souci de la loi et du droit. Ils suppriment à leur profit des chemins, des sentiers, des passages, des senitucles séculaires dont la jQuissance était assurée à toute la population. Cette opération n'a qu'un nom possible : c'est un vol. Toutes les nations en peuyent témoigner; des Yols semblables se sont commis partout au détriment du peuple . . Les terres restent incultes et des milliers de traYailleurs cherchent de l'ouvrage. C'est ainsi qu'en Wiltshire (Angleterre) par exemple, des milliers d'acres d'excellentes terres restent improductives pendant que des milliers de meurt-de-faim implorent en vain la faTeur de pouvoir gagner leur vie. La terre reste sans culture et l'ouvrier sans traYail, uniquement parce que le landlord e t exonéré de l'impôt. Aux. culfo·ateurs qui demandent de la terre pour la faire Yaloir, le propriétaire répond : Tu n'en auras qu'à la condition de me payer six dollars l'acre pour la premiè1·eannée, et une augmentation à chaque renouvellement de location ». Si un paune ounier insiste pour obteni1·au moins cinq ou six acres de cette terre inculte afin d'en tirer quelques produits pour lui et sa famille, le propriétaire lui en demande quinze dollars l'acre par an. Et si l'ounier veut savoir pourquoi le landlord réclame un prix. si éleYé, celui-ci lui répond que si tous les ouvriers se mettaient à cultiver le terre, les employeurs ne trouveraient plus ni domestiques, ni serviteurs sinon à des prix trés élevés. Il ne faut pas, disent les landlords, priyer nos grands fermie1·s des bras qui leur sont nécessaires pour exploiter avantageusement leurs fermes. C'est ainsi que la terre reste inculte, que les salaires sont aYilis, et que le propriétaire terrien régle comme il lui plaît la loi de l'offre et de la demande. N'ayant rien à payer poar sa te1Te, il en dispose à sa guise sans se préoccuper des btisoins de ses semblables et des souffrances engendrées par l'usage qu'il fait de ses privilèges iniques et monstrueux.. , Ailleurs, on voit des milliers d'acres de terres en marais pestilentiels, ou couverts d'insectes et de plantes parasites qui se propagent sur les cultures voisines. En vain des milliers d'honnêtes gens sans travail ne demanderaient qu'à drainer, dessécher, défricher, mettre en valeur, et couvrir le sol de riches moissons, d'habitations, d'ateliers et de manufactures : le propriétaire s'y oppose en réclamant des milliers de dollars pour une terre qui, en bonne justice, appartient à tous. Le landlordisme est le plus grand des fl~aux. On peut le faire disparaître par desmoyens simples et pacifiques en adoptant.leprincipe de l'impôt unique sur la surface du sol. Cet impôt ne doit frapper
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