ÉTIENNE DOLFlT 7 conçut l'idée du grand ouvrage qu'il devait publier plus tard sous le titre: Commentaires sur la langue latine. A dix-sept ans, Dolet se rendit à Padoue dont l'Université brillait <.l'unvif éclat et où l'on trouvait une indépendance et une liberté philosophique partout ailleurs inconnues. A son arrivée,la célélirité et l'influence de Pompanatius, qui discutait sans conti1aintel'immoi+- talité de l'âme, étaient à leur apogée. Pendant trois. années, Dolet s'associa aux disciples de Pomponatius et se pénétra de ses docti•ines matérialistes, qui se trouvaient compléter en quelque sorte, en les agrandissant, les idées qu'il avait puisées dans l'enseignement de Bérauld (1). Cette double influence mérite d'être spécialement signalée, caP nous en retrouverons les maPques clans tous les êc1•its de Dolet. Mais, de tous les pl'ofesseurs de l'Université de Padoue, ce fut Simon de Villeneuve, professeur d'éloquence latine, successeur de Longueuil, le chef des cicéroniens, que Dolet eut surtout pour maître et auquel il attribue, clans ces œuvres, la pureté de son style et ses succès oratoires. Une vive amitié, née d'une commune admiration pour Cicéron et de la littérature ancienne, unissaient le maître à l'élève. Simon de Villeneuve mourut en 1530. Dolet en fut profondément affligé et exprima sa douleur dans une épitaphe et' plusieurs de ses poésies qui permettent de dire, contrairement à ses calomniateurs, que Dolet était doué des meilleurs sentiments. Le séjour de Padoue lui était devenu pénible et il songeait a revenir en France quanrl Jean de Langeac, évêque de Limoges, qui se rendait à Venise en qualité d'ambassadeur, le décida à l'accompagner comme secrétaire. Les grands d'alors, vous le savez, prenaient souvent a ce titre, des hommes remarquables par leur savoir : Rabelais accompagna l'évê"' que de Paris, Jean du Bellay, à Rome ; Clément Marot suivit le duo cl' Alençon ; Budé fut chargé de missions diplomatiques. A Venise, Dolet devint le disciple d'Egnazio qui expliquait le De Officiis de Cicéron et le poème de Lucrèce. Tout en suivant les leçons de Simon de Villeneuve, puis celles d'Egnazio,Dolet continuait à rassembler les documents qui devaient lui servir à écrire ses Commentaires sur la larigue lati1ie, Pendant son séjour dans la cité des doges, Dolet s'enàmoin·a d'une jeune Vénitienne, Elena, qui inspira plus d'une bis sa muse latine. Cet amour ne fut pas de longue durée. Elena mourut. Dolet la pleura clansses vers, comme il avait pletiré son maître et, comme à son maître, lui consacra une épitaphe. (1) R. C. Christie, Zoc. cit., p. 25.
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