6 LA REVUE SOCIALISTE sance; c'est encore celle du mouvement contre le catholicisme, les abus et les crimes commis par le clergé et les moines, la Réforme. Les Hommes,ce sont Luther et Rabelais, nés tous ,leux. en 148:1; Calvin (1509-1564), Erasme, Longueuil, Bembo, Bu<lé,p1'éY<>dtes marchands (1467-1540), le créateur du collège des Trois-Langues ou du Collège de France (Yei's 1530) (1); Béraulcl, Clément Marot (1495-1544), et tant d'autres; c'est notre Estienne Dolet.. « Pour les hommes de la Renaissance, dit M. Richard Copley Christie, l'un des plus savants biographes d'Etienne Dolet, la religion, le christianisme, l'Eglise catholique représentait ... tout ce qui était odieux, tout ce qui était contraire à la liberté de pensée, à la liberté d'action, tout ce qui, au point de vue religieux, était brutal et cruel. Et au point de vue mondain, tout ce qui était vil et immoral (2). » ETIENNEDOLETnaquit la même année que Calvin, en 1509, a Orléans, le 3 août. On ne sait rien de précis sur sa famille. Attaqué plus tard, au sujet de ses ascendants,il se défendit contre ses envieux de manière à prouver qu'il était issu d'une famille honnête. D'ailleurs, il considérait comme plus glorieux « de se donner un nom par sos talents que de le deYoirà la renommée de ses pères (3) >>. Quoi qu'il en soit, Dolet paraît ayoir perdu ses parents de bonne heure et avoir été aidé par quelques hauts et puissants protecteurs. Il Yint à Paris en 1521 pour étudier los ,belles-lettres 0t suiYit, en 1525, les cours de Nicolas Bérauld, originaire, lui aussi, d'Orléans et l'un des plus illustres [professeurs de l'époque, précepteur des trois Coligny. Bérauld était un helléniste et un latiniste éminent, un cicéronien enthousiaste, un ami de tous les progrès intellectuels; il avait un esprit tolérant et libéral; aussi était-il détesté à la fois dos catholiques et des calYinistes. Bérauld exerça une grande influence sur son élèrn au point de yue des idées philosophiques et littéraires: c'est en effet a ce moment que Dolet s'enthousiasma pour Cicéron, l'idole de la plupart des sayants de la Renaissance et (1) La Sorbonne protesta contre cette c1·éation, parce qu'on y en~eignait le grec et l'hébreu, que le grec est la langue des hérésies et que l'hébreu mène à judaïser. (2) Etienne Dolet, le martyr_ de la Renaissance, sa vie et sa mort, par Richard Copley Christie ; ouvrage traduit de l'anglais sous la direction de l'auteur pa1·C. Stryiensky, professeur agrégé de l'Université. Paris, Fischbacher, 1886. (3) Amelot de la Houssaye a avancé que Dolet était fils naturel de François Ie• et d'une Orléanaise nommée Cureau ; ce fait est inadmissible, car François I••, né en H9q, eût été vraiment trop précoce.
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