108 LA REVUE SOCIALISTE que partout ailleurs. 30.000 seigneurs tiennent 30,00C,,OIJO d'hommes sous leur do111ination.Les propriétaires accaparent à leur profit toute la plus-Yalue des terres résultant de l'accrois. ement de la population et de l'exécution des travaux publics, alors que cette plus-value reYient légitimement à la communauté qui la crée. Je pourrais citer une propriété près de Londres qui ne Yalait que 5 millions de francs il y a 20 ans; elle vaut aujourd'hui 10 millions de francs; sa valeur s'est accrue de 5 millions, et cela sans aucun travail, sans aucune dépense du propriétaire. Celui-ci s'est enrichi aux clépens de la commune qui seule avait fait des dépenses, et aux dépens de la population qui seule avait contribué a éleYer la valeur du sol. C'était la collectivité qui, en bonne justice, <leYait profiter de la plus .value; le propriétaire l'a empochée. Or : cette propriété ne paie aujourd'hui que 62 li-vres de taxe, alors qu'un bàtiment de même Yaleur paierait une taxe de 10,000 li-rres. C'est le re1wersement de la justice; l'oisiveté est exonérée, le traYail est imposé. Si lajusticc existait clans l'impôt, le bâtiment n'aurait rien à payer, la terre paierait seule tous les impôts. La justice réclame la libération du travail et l'abolition cle toutes les taxes directes et indirectes; il est nécessaire de rejeter tout l'impôt sur la surface rlu sol sans tenir aucun compte ni des constructions, ni cles améliorations foncières. Tout le travail appliqué sur le sol par son possesseur est sacré, et doit être libee d'impôt; la superficie seule doit être taxée. au profü de la collectiYité. N'est-il pas évident que l'exo11ération du sol est la cause première ile l'accaparement des terres par une minorité oisiTe et de la misère des masses? C'est en rejetant tout l'impôt sur le traYail que l'on décourage la production et que l'on arl'irn à la cherté des denrées alimentaire:; c'est en exonérant la sul'face que l'on encourage l'inculture et le chômage de tencs, que l'on provoque l'aYilissement des salaiees. Dans la paeoisse où l'orateur est né, il y ayait autrefois des biens communs dont chacun ayait la jouis!:;ance; il n'en reste plus. Un grand capitalist.e étrangee en a acheté une partie a vil prix et il y a irn porté des renarùs pour les plaisirs de la chasse. Non seulement cc sol reste inculte, mais les renards causent le plus grand préjudice aux. Yoisins qui ne peuvent plus garder de Yolaille. 01' : ces propriétés ne paient que des impôt insignifiants; elles sont pour ainsi dire exonérées, et c'est précisément pour cela qu·elles restent incultes. Le préjudice, causé à la nation par l'exonération, est double : d'une part, l'inculture systématique diminue la quantité de subsistances et la somme de traYail exécuté, d'autre part, elle priYe la collectivité de ses revenus légitimes. Partout les seigneurs se sont appropriés les biens communaux,
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