CONGRÈS lNTERNATIONAL AGRAIRE 107 ment la cause de là misère de la classe la plus nombreuse. Nos capitalistes ont prêté aux autres nations 1'2 milliards de francs; et un homme de bourse m'a assuré que le chiffre réel était même supérieur à cette somme. Les peuples étrangers nous paient en intérêts chaque année une somme cle 600 millions de francs, cc qui, pour 4 millions d'habitants, représenterait 150 francs par tète, ou 750 francs par famille, si chacun en avait une part égale. Or, cette richesse accumulée aux. mains de la minorité, fait précisément la misère de nos tranülleurs parce que les capitalistes pouvant se passer d'eux, ne leur accordent qu'un salaire très minime, et Rouvent même refusent de les occuper. Nos capitalistes n'ont pas besoin de nos ouniers, ils font venir de l'étrangel' tout ce dont ils ont besoin, même ce que nous pourrions tirer de notre sol ou fabriquer nous-mêmes. Il en résulte que nos travailleurs sont obligés d'offrir leurs bras au rabais. Nos importations apportent chez nous le chômage, l'avilissement des salaires et la misère. La concurrence étrangère est encouragée par nos capitalistes, et nos travailleurs ne peuvent s'y soustraire, parce c1u'ilsne possèdent pas les instruments de production, parce qu'ils leur est impossible d'arriYer à la possession de la terre. Nos travailleurs sont absolument à la merci des capitalistes, et ceux-ci préfèrent s'appprovisionner à l'étranger, que de développP,r la production à l'intérieur, et cle permettre à nos classes pauvees de gagner leur vie. Nos ouvriers sont si pauvres, que leur pouvoir d'achat se réduit aux choses strictement indispensables; il en résulte ce que l'on nomme siwproduction; et au lieu de consommer nous-mêmes ce dont nos classes inférieureR manquent complètement, nous exportons au dehors ce qui deYrait rester chez nous, et nous épuisons notre population par ces exportations. Nos importations nous apportent le chômage, nos exportations nous épuisent. Telle est la conséquence inévitable de l'appropriation du sol par quelques-uns. Le parti· de la nationalisation du sol fait beaucoup de progrès en Hollande. Nous demandons le rachat de la terre par la commune, non pour la livrer sans contrôle aux habitants comme on le fait dans beaucoup de pays où les biens communaux ne profitent qu'aux riches, mais pour la louer moyennant fermage. Et afin d'assurer autant que possible la perpétuité de la possession, nous déRirons qu'à la fin du bail, le locataire ait un d1°oitde préférence pour le nouveau bail. De cette manière il continuerait à jouir de ses améliorations. M. SAUNDERS, ancien membre du parlement anglais. La maladie du landlordisme est plus développée en Angleterre
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