La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

CONGRÈS lNTEHNATIONAL AGIIAIRE 105 appartiennent au travailleur. C'est le fruit de ses efforts. La surface seule, le point d'appui, le siège, appartient à tous. Il suffira de séparer nettement les droits de la collectivité, de ceux de l'individu, pour assurer le droit de tous à la terre, et le droit de chacun aux fruits de son travail. Les droits de la collectivité ne peuvent porter que sur la surface nue, et non sur les améliorations foncières. Or, les droits de la collectivité peuvent facilement être réalisés par une redevance ou taxe représentant exactement la valeur du sol nu. Il est nécessaire d'abolir tous les impôts actuels, directs et indirects; il est indispensable de taxer le sol sans tenir compte des constructions, améliorations foncières ou de l'usage que le possesseur en fait. Par cette simple réforme, nous assurerons le droit de tous à la terre, et le droit de chaque homme à l'intégralité des fruits de son travail, et cela, sans créer un despotisme d'une nouvelle espèce. Ce que nous voulons, c'est la liberté pour tous. Nous voyons le progrès : non dans de nouvelles restrictions et entraves, mais au contraire, dans l'extension de toutes les libertés. Quand on aura proclamé le droit de tous à la terre et le droit de chacun aux fruits du travail personnel, on reconnaîtra que ce n'est pas la nature qui est responsable des misères et des maux de la société, mais les injustices humaines. Affirmer le droit de tous à l'existence, c'est éteindre le paupérisme en donnant à chaque homme le moyen de se passer de secours. La bienfaisance publique, la charité priYée, l'assistance, sont impuissantes à soulager la misère. Le remède consiste à garantir à chacun la terre et le travail. De toutes parts se manifeste le besoin de réformes radicales; nous en aurons une preuve demain en entendant les rapports des membrés de ce congrès sur la situation agraire dans tous les pays. Le mouvement agraire est aujourd'hui si universel, si prononcé, q:u'onne peut plus tarder à faire droit aux revendications légitimes du peuple. Nous sommes à la veille de grands changements sociaux. Notre situation actuelle peut se comparer à celle qui a précédé notre guerre civile pour l'abolition de l'esclavage. Nous voulons faire disparaître toute trace d'esclavage, en proclamant le droit de tous à la surface de la planète, et le droit de chacun à la liberté pleine et entière, à l'intégralité des fruits de son labeur. (applaudissements prolongés). Après ce discours, le président Longuet comT9uniqueà l'Assemblée de nombreux télégrammes et lettres d'adhésion ou de sympathie pour l'œuvre du Congrès et ses membres, venus d'Espagne, d'Autriche, de Suisse, d'Australie (J. Singer, président de la ligue pour la réforme agratre et l'impôt unique1Belgique (M.Emile de Laveleye)

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