La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

104 LA REVUE SOCIALISTE plus en plus écrasante au fur et à mesure qu'elle se développe. C'est du privilége foncier que sont sorties originairement les grandes fortunes devenues par la suite des instruments de pression et d'exploitation. La concentration des capitaux est fille de l'accaparement du sol. La rente du sol se transforme en capitaux qui à leur tour sont la source de bénéfices énormes dont quelques hommes seulement profitent. Le maître du sol, devient rapidement maître de tous les instruments de production, de tous les capitaux accumulés sans cesse par l'épargne foncière d'abord, et ensuite par l'épargne capitaliste. Pour détruire la féodalité financière, il faut commencer par détruire la féodalité terrienne, celle-ci étant la mère de celle~là. L'homme privé de sol est tribut.aire de celui qui le possède; il doit lui abandonner une partie de son travail, souvent la plus forte partie. Son maître ne lui laisse que ce qui lui est strictement nécessaire pour ne pas mourir immédiatement de besoin; tout le surplus passe entre les mains des capitalistes et propriétaires. Le prolétariat moderne n'est qu'une forme de l'esclavage domestique. Priver un homme de sa part de teree, c'est lui prendre sa chair, son sang; c'est le réduire en servitude. Ceux qui sont réunis ici peuyent diflérer quant aux moyens de remédier aux maux de la société, ils sont tous d'accord sur un point : que la terre doit appartenir à tous, qu'elle ne peut être la propriété exclusive d'un privilégié. Aucun progrès dans l'industrie ou dans les sciences, aucune conquête ne vaut l'affirmation du principe que la terre est à tous. La question de la terre, c'est la question du travail. Pour assurer au travailleur l'intégealité du fruit de son labeur, nous devons lui assurer ses droits à la terre. Si la terre devient la propriété de quelques-uns, ceux qui en sont priYés deviennent la propriété des autres. Nous sommes convaincus qu'en prenant la question agraire pour point de départ des réformes, nous résolvons en principe toutes les questions sociales. La question agraire gouverne tout. Nous n'avons pas besoin d'un mécanisme compliqué pour relernr le teavail : plus il sera simple, plus il sera efficace. Ce qu'il nous faut c'est un principe général, universel, gouvernant tous les cas pai-ticuliers. La question agraire résume toutes les questions sociales, et elle est elle-même résumée par le droit à la surface. Tout ce que le travailleur dépose sur la surface du sol, lui appartient intégralement. Les bâtiments, constructions, plantations, produits, récoltes et améliorations foncières ou embellissements, •

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