CONGRÈS INTERNATIONAL AGRAIRE 103 dures et yex.atoires, c'est moins à cause de la propriété des matériaux que par le fait du monopole de la terre. C'est ce monopole qui est le tyran ,le l'humanité. Vous ne pouvez rien faire sans subir la loi clumaître de la terre Rien que pour imprimer un journal, on a besoin de faire usage du sol. Il en est ainsi rle tout. L'aérostat lui-même s'appuie sur le sol, en i:;'appuyantsur l'air qui, à son tour, s'appuie sur le sol. Soit que l'on pénètre dans les entraille: cle la terre, soit qu'on laboure la surface, soit que l'on habite les étages supérieurs des maison:c;élevées, toujours on fait usage du sol. Le détenteur de la surface est maitre de tout ce qui se trouve au-dei:;souset au-dessus; il est maître de l'air, de l'eau, des roches, des te1-res,des plantes et des animaux : il est maître de tout. D'où viennent les matériaux nécessaires aux constructions, bois, pierres, fer? De la terre ! D'où vient la matière première de toutes nos industries, de tous nos meubles et outils, clenos vêtements? De la terre! D'où viennent toutes nos subsi.·tances? De la terre 1 Si les denrées alimentaires sont rares et chères, c'est parce que la terre est un monopole dont le propriétaire abuse cyniquement en condamnant systématiquement le sol au chômage, ouen n'en concédant la jouissance temporaire qu'aux conditions les moins favorables à la production. Le maître du sol est maître de la vie de ceux qui en sont privés. Il est responsable de la mortalité des enfants en bas âge, comme de la mort prématurée des adultes épmsés par les excès de travail et les priYations. L'homme sans terre, c'est le poisson sans eau, c'est l'oiseau sans air. L'homme est un produit du sol; il Yient rle la terre et il y retourne. La terre est le grand réservoir de tout ce qui est nécessaire à la vie. C'est le monopole du sol qui est la cause première de la misère, du paupérisme. C'est aussi le monopole du sol qui est la source de la concentration des capitaux aux maius du petit nombre. Par les rentes, loyers, fermages et tributs de toutes sortes qu'il perçoit annuellement ou périodiquement sous des noms différents, par la plus value et les améliorations dont il profite seul quoiqu'étant le produit du travail d'autrui ou le résultat naturel clesprogrès de la population, hi propriétaire foncier accumule lentement des capitaux et économies qu'il place ensuite dans la banque, le commerce et l'industrie, soit sous for.r:nede prêts, hypothèques, obligations, créances, actions, soit en titres de rentes sur l'État et les villes et communes. A la longue, il crée ainsi une féodalité financière formidable _qui pèse_Iourdement sur le monde du travail et devient de
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==