La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

102 LA ilEVUE SOCL\LISTE clu grand citoyen que nous sommes heureux. <le posséder parmi nous. (applaucfo,scmcnts prolongés). Le citoyen lIENnY GEORGE pl'en1l la parole. Après ayoir rcmct•e;ié l'ass0mbléc, il prononce un discours fréquemment inLerrompu par les applaudissements. En voici la substance: De tous les congrès r(>unis h l'occasion <le!'Exposition uniYersC'lle aucun n'a autant cl'irnporlance que le nùtr0. La question agraire dont nous RYonsà nous occ:nJH'I\est la qn('stion fondamentale. C'est la question univcrseIIu; c'est le point de tl6pa1·Lclc toutes les réformes. Il ne faut pas confondre la question ag-l'airc aYec,Ia c1ucstion agricole: celle-ci est une qucsLion spéciale, celle-là est une question générale. C'esLun préjugé ile croire que la question agraire n'intéresse que les culLivati;,m•s : clic intéresse cliL"ce;LemcnLou indirectement tout la classe sahu·iée en gt'.•nél'al, lom; ceux. qui ont des loyers à payer, tous ceux. qui p1·ocluisc11Let <tui consomnwnt; _elle inté1·cssc autant les habitants des Yilles que cenx. des campagnes, autant lïrnlusLt·ic et le comme1·c·eque l'aµ:1·irnltu1·c. Tout cc que l'homnw J1l'oduit Yient <ln sol on part du ::-ol. Le sol est le. iègc cle Loule'prncluclion, ,le toute habitation, de tout tm·ra:l en pfnéeal. Sans la trne, lïiomrnc ne peut rien. Celui qui vont bùli1•une maison, cloit connnenc0t· par se procurer la pla<'e sur laquelle il la pose1·a. 01·, quiconque possède cette place' a le droit de leYel' un frihut sm· CPlui qui Yent bùlir. Cc tl'ibut. est consiclérnble. Dans ks YiIles comme -ow-York ou Pai·is, la rnlcu1· 11usol c'est-à-dire le ti-ibut préJt,yé par Ir 1n·o1n·iétaii·e de la te1·re, est souye1it (•gale à la yalcm· du bütimenL. Celui rini paie son loyer, en paie la moitié au moins pour le monopolp foncier, pour le h·ilrnt, et la moitié sculcnwnt, ou lll(;me 111oins,ponl' le tr·axail cloconstt·uction. Quand les loyers s'él('Yont, cc n'est pas toujours pm•cc que la valeur ,lu b..i.liment a11µ:mcnle,(souyc1ü mi'•n~ccettr Yaleur diminue), mais génè1·al0111entparce qul' la Yalour clu sol s'accroît par suit0 ,10 l'accrnissemenl de la population. La question <lela terl'e inü.;rcsse donc an plus hauL point. les habitants des YiIles et des _localilés in1lusll'ielles; ils 110 peunnt tl'oun'r llO log<'m01it, d'atelier, clc magasin, ll'élablis 'e11H'1ltquelccHHJUOou mèmo clc lieu clc rétinion ou 11cplaisi 1', sans subir les cx.igcn<.:oset la loi du prop1·iétait·c du terrain, sans payer le tribuL au monopolcnl' <le la tcn·c. On a yu des cas où les hommes ne pounlÏont se réunir, même pour prier et se rccueill.1r, varco que les maîtres ùu sol ne Youlaicnt a aucun prix leur pcrmoUi·o de ::i'assemùler. Si ùonc les loyers sontélcn~s, si les conditions de_la location sont

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