La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

88 LA REVUE SOCIALISTE rée, la condition morale est restée la même, si elle n'e:st pi l'e. De ce qu'une premiè1·e 1·6Yolution a amené des progi'Ps, beaucoup de gens ::;ontpot·tés a conclu1·e fJlÙlll<' nouYcll<' 1·éyolution en amène1·ait d'aufrcs. En effet, le c1t·oiLn'est pas tout en des affaii·es cle cc gem·e. Un point lle Yue plus élen~ est celui rlu [Jhilosophe, de l'homme impartial c1uise souYient c1el'hisloi1·c, c1uisait qu<' les J'éYolutions, trn.itées de c1·irnos a:nmtleut· n'ussiLP, sont soun'1Ü a[Jpi·ouYées, pal'fois bénies ap1·es lem· succès; (1n'il faut pH!'conséc11wntse ga1·dct· lk les conclamnm· kop tot, cL leu,· clc'n1mHle1·d'abot·<l cle c11H?llcpensée elles naissent, Yet·s lllH'l but elles Yont. Si l'lks naissent ,l'une pensée clejustice, si clics nmt Ye1·sune rém·ganisalion de la soe;i&ü'• sui· des p1·inci[Jes plus ('llUÎÜtblcs ct plus stabl0s; alm·s on doit les laissee passe1·, et, tout en g(•rnissant sm· les c·1·irn<'qsui p0uYent leur fai1·0 co1·tege, on rloit s'inclinr1· deYant la loi qui ernpo,·te l'humani1é YCI'sun meillcm· état Mmoc1·atic1ur ci. social, et qui lui fait brise1· les obstacles quand elle ne peut les tcm1·1w1·-. Il faut se souYcnii· lle ces paroles rle Baudin : « II01·s de l'J°~galité la loi n'a plus ù'autrn sanction que la fol'e;e; elle n'est plus une question de tlt-oit, mais bien une c111estiond'oppo1·lunité et clc sue;e;es... Quant a nous, noti·e tàe;hc est tI·ae;<'.•pea1· nos p1·i11ci1ies:<1uoiqu'il'ëu·1·iye t qn0l que soit le procédé qu'dle p1·Net·e pou,· rcn·1Hliquc1· la pn1·tcle soun'- raineté dont elle est injuslem011t dépouillfr, not1·e place est clans ks nu1gs de la« Yile mnllitrnlo ». :;\"ous agi,·ons, nous yjy1·ons, uous momTons, s'il le Caut, aycc cl pour << la Yile nrnltitudc'. » 'ous ur 1·eti1·e1·onsles mains rie l'œuyi·e que le joui· où le dct·ni('l' de nos frères aut·a t1·01rréjustice au demic1· ,le ses g1·ieCsrleyant la loi et dans !'Egalité. >) La RéYolulion rranc:aise a 1·ésumé son 1n·ogt·amme dans la 1ü1·- mule : Libcl'lé, J~galilé, Fi-a(ct·uit.é; - quand on prononce le nom <leLiberté, tout k monde sait cc que cela Yetü di1·c - c1nand on pal'le d'Egalité cc mot a Mjà une signification moins dai t·e el moins cléte1·minée. On en saisit moins les conséquences et les applications palpables, hélas! tl'OJ) attcnduPs. - Quand il s'agit de Fn1.te1·nill'. tout est Yague et iwl(,fini. Comment fai,·c t·eµ;n('I' la Frnt<:>rni((• parmi les hommes'? Comment, la t,·acluire en institutions et en lois'I Au fon<l quel est le \Tai sens <lecc moi. (JUÎcxp1·imc bien ccpenllnnt un nouyel 01·cl1·cd'irlées et qui a loujorn·s rait pm·tic du programnw de la RéYolulion f'1·anc_:aisc..'.?.. - Quoi qu'il en soit, <le celte forn1ule on ne semble Youloit· relcnil' que le [H'erniei· Lc1·me,la Li bel'té. Les économistes déclm·ent que les 1·ichcsscs ne peuYent se répartir que kès inégalement et accentne1· ainsi de plus en plus les inégalités natm·elles. Lc's philosophes au contraü·e et les socialistes

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