C:Rl D0 ALARME 87 CRID'ALARME Les Français ont tait 89 qui leue a donné le mot : Liberté; 93 qui leur a clonné le mot : Egalité; 48 a qui ils cloiYent le Suffrage uniyersel; et. le 4 Septembré qui le~ a débarbouillés <les ordures de l'Empire. - C'est très bien et nous ayons quelque droit a nous consi1lérer comme l'aYant-gai;de réYolutionnaire. - Eh bien! De cet orgueil, il ne faut pas en rabat.tl-e, il ne faut. pas nous laisser clistancer par d'autres peuples. - Une nouyelle, une profonde réYolution se prépare. Trayail lent, mais irrésistible. Comme le termite, elle ronge le Yieux monde qui, un jour peut-êtrn, alors qu'on s'y attendra le moins, s'écroulera. Il faut que sur ses ruines se dresse triomphant non pas le cll'apeau du Césarisme, mais le cl1·apeaucluDroit nom·eau, de la Justice, de la Vérité, clel'Equilib1·e. Ne restons pas impassibles comme si nous ne comprenions pas. P1·enons garde : Il n'est que temps! Je crie alerte, et j'en appelle aux morts comme aux YiYantsqui ont lutté et souffert pour la République, aux plus nobles cheYaliers cludroit rlémocratique, à tous ses cléfenseurs sans peur et sans reproche qui lui formeront une légende chevaleresque, bien autrement éclatante que celle des Ba:rar<lsmonarchiques; ils ont rnonti'é cette inébranlable foi, ce courage indomptable qni sayent résister a toutes les séductions, affronter tous les périls, brayer toutes les misères; plus grands que les héros du sabre que la bataille enine et que la gloire exalte, plus grands que les martyrs qui ent.reYoient le ciel au bout de leurs tortures. Ils n'ont souffert que pour le bien d'autrui, pour le bonheur du peuple. Oui, il y a une question sociale, car si la République a fondé la liberté, la liberté n'est un bien précieux que pour ceux qui en ont rl'autres. Pour les faibles, pour les pam-res, qu'y a-t-il do changé? Il y a moins de paune:,;, dit-on, le bien-être est plus grand et plus répandu. C'est Yrai en un certain sens. Cependant les masses ne se trouYent pas heureuses. Or, en quoi consiste le bonheur· sinon a se croire heureux ou tout au moins a trouver la Yie supportable? Maintenant on a davantage et l'on n'est pas satisfait : d'un côté , l'envie et l'ambition, de l'autre côté la crainte et la défiance tourmentent les pauvres et les riches. • En fait la condition matérielle a été bien insuffisamment amélio-
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