La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

L0 ALCOOLISMI~ ET LES ALCOOLIQUE. nai1'es <le SaintC'-Annc autant, <lo t'<wmcs ,liYe1·ses qu'il <•xislc M fornws <lela foli0: Tel agilt; lP pol'te1·a en f1·m1<leu1·,un c-oin rcleY(', et tel aufrr, mo1·tlu par le '1<•111011 ,lr la foli<' ambiti<'us(', en 1·elèYc1·a les <lPux c<>tésrn IJic:omc ,le µ:é11fral. l'n 111<•lancoliqtw ('Il laissera tombe1· les bo1·cls autom· <l<'son Yisage, con1111epcm1· st' cache1· <lei·• riè1'<' cc ft-èl<•1·Pmpad (lp paill<>ti·ess<•e. Et ainsi d<' suite. Il.· sont, là groupés, <lC'bou(,tkrnnt. k bureau ,ln <lorl<'m·, aU<'n,lant. knr tour. Il sont très calm<'s,et sau{']C's tics qui !---CC'OU('nt pal'l'ois C'C'llXqui sont la 1woie <l'une l1·op Yin• agitation n<>1•,ï•11sc•, on e·1·oirait assiste1· à une consullalion c)l',linai1·e clans un IH'ipital <1n<'konque. Mais Yoici <1n'u1H'soi-te ,k bèl<'nH•nl s\'•li>Y<' lu ro11tlclt' la salle'. Ce Cl'i est cloux, lent, luguurc',<'L comnw anac·hé an•c: C'Uo1·t<l'une poitrine affaiblie'. J<' m<' soulèn' en r1·isson11,rnt,de <kssns 111achaise et j'apel'ç:ois un malheu,·cux <1m•,leux. ga1·diC'ns soutiennent. Ce qu<' j'ai pris pour l'imita( ion animak d"tm rnaniaqm' C'sLle long c1·i, incessant, que la souffi·ancc a1·1'ache au hlc•m<'lo1·L1wéqui <'St,Jeyant mes yeux. Le Mmé cornme'nc<'. c·est meneille <leYoir aYec quelle' inaltéral.JI<' patience, quel acc<'nt, de cornmisération <'l <lebon le\, quels arguments pel'suasifs ](> ,locleu1· ~Ia:,.r11a11proC"è<le à l'iutc•1·1·ogatoil'ede ces info1·- tunés. La rnoi1Hlro ltwu1· dl' raison qu'il d(,m[,]<'dans la l'oli<'<lumalheureux qu'il inü'r1·ogc, il la souti<'nL, la p1·ése1·n• de s<>smains, <le son souffl<', di1·ait-on, afin <1u't'lle se• p1•opag-(' C'l 1·,tllumc•l<•foye't· de l'cntelHlenH'nt 1la11sC<'Llc 11,lllYJ'<' C<'t'Yell<'(•t<'inle. Que nous sommes loin <lu l<'mps où ks ali<,n(,s, (•laient cnchaîn<•s, clemi-nus, <lans d'atl'oces cahan<'s, et IH'ÎYt's<ll' tons soins. Si loin, heureusement, que le docteur Magnan n'a pas craint. de' supp1·im<'l' absolunwnt l'emploi 11<'la camisole dt' force dans son sc1·- Yice. Il n'a eu <l'ailleurs qu'à se louer de son initiatiYe. Rapproc:hons celle iniliatiYc<le celle, :rnLrement hardir, de Pinel, qui eut la gloire <le•IJ1·iscr les fcl's des aliénés, mis en c:ela sm· la Yoie par Pussin, un rnoclcstc héros trop peu connu, qui était un clcs sul'\'cillants chaq~·és <ln set·yic:e <lesaliénés à l'hospice <leBicêb·e. Un jour, Pinel dit à Pussin: - Quand il" <leyiennC'nt trop méchants, que faites-Yon~? - Je les déchaîne. - EL alm·s? - Ils sont calmes. SucccssiYement défilent un maniaque dont le <lélire est caractérisé;par ceci, qu'il se croit . ans cesse dérnré de.- mouches. Aussi cherche-il à les attmper. Il jette son chapeau à ter1·<', en cloche, et croit tenie dessous sos persécutrices. Le fourmillement et la démangeaü;on sont en effet une <les caractéristiques de l'alcoolisme. Puis, un jeune homme al'rèt.é à la porte ,lu Grand-Orient, de la rue Cadet. Il était iYre d'absint.he, faisait scandale dans la rue, et jut'ait quïl Youlait absolument se faire. 1'eceYoÏL'franc-maçon. Se croyant contrarié <lans sa vocation maçonnique, il s'était rué sur

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