La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

82 LA nEVUE SOCIALISTE est pas moins Msil·able de la Yoir cesser,ou tout au moins ::;'attl'llllC'L'. C'est actuellement la No1·ma]l(1iequi a le frisi0 JWiYilrµ:e<1Cfr' ni1· la tète <1ansla lamentable statistique cle l'alcoolisnw en Ft,mee; et c'est naturellement parmi les ou-r1·ie1·sc1éclassés que se l'CC'ntle le g1·oscle l',wmée <lesalcooliques,c'cst-à-<1it·e snei.out dans les pods <le Rouen et clu Ilên-rc. A Rouen, ces lazzm·oni, appelés soleils, cumul0nt, aycc leul' ti·a- -rail intermittent de déchargement <1esbateaux, l'irn1usll·ic, rnod.elle pour eux, du pipage <1esbai·riques <lr Yin et 11'em1-de--rieqni sont déposées pae grandes quantités sm· les quais. Cach('s 1kr1·ie1·elC's tonneaux, qu'ils l)ercent a-rec une ,Tille, ils inti·o,luisent dans k tron ainsi fait un tu;rau de paille, et aspi,·ent le liquide jus<1u·à plussoif ou, pour mieux dire, jusqu'à cc qu'ils tombent iY1°cs-rnods dans leur cachette, où il:-;cuYent à leur aise leur iYresse. Les soleils, ont généralement une fin digne <leleur misé1·able existence. Quarnl un trébuchement n0 les p1·écipite pas <lans Jps eaux. profondes du port, la congestion les guette cLles assomme. Au I-IaYre, les haleurs, qui :-.ont.génfralement rles matelots trop Yieux. pour continuer· leur rn(lc mdie,· et à qui de ti·op chétifs salaires n'ont jarnai:-. permis cle ponYoÏl' s'assm·er lP lendemain, YÏ\-ent sm· le port. en frou11e :-.onmolentc et silencieuse, eouch('s snr <les fragments de prélal'ts. Ils sont plus probes <1ueles soleils, mais non moins iwognes; a telles enseignes; dit mon confL·e1·eet ami Geol'ges Lefè\Te, de qui je tiens :ce rlét.ail, quo lem patron ne lenl' remet lem· paye que le soit· et. non au fur cLà nw"m·e c1u'ils ont lrnl(• un naxire du bassin <lecarénage au bassin de <léehaq~·emcnt. Lem· fin est la mème que celle des soleûs, a. moins rtt1'ils ne rnem·enL la poill·ine et les jambPs b1·isécs par· la n1pLure <l'un dble ... Mais, arrêtons ici cette Le1sLerenie qui se1·ait inie1·111innhle,et Ü'ansportons-nous à l'a:-.ile Sainte-Anne, où Yicnn0nt éthonP1· ton(('s les épaves <lel'alcoolisme et. où nous pouyons JH'l'rnh·c sur le yjf les exemples les plus éloquents pour.notre étu<le de n1lgn1·isation. IV. - A SAINTE-ANNE. C'est un lugubre défilé que celui auquel asssistc tous les matins le <locteur Magnan. Les pensionnaires enfré:-. <1ansla jom'née, anwn(•s tout (L'tbord en bloc dans une rnème salle, sont ensuite l'objet. 11\m examen pal'iiculier. Ils !';Olltous reYètus de l'unifom1c cle l'hospice. Mais au lieu de le:-. rendre semblahl0:-., ainsi quïl m·riYe pour les pen::,;ionnaires des autres hôpitaux et. pour les détenus <lans les J)l'isons, l'uniforme semble accuser chwantage les cliffér0nces <let:rves et d'affections. Pour ne prendre qu'un détail, le chapeau de paille, clit Yokohama, qui les abrite l'été, pl'e))() suP la t.èLe 11espension-

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