La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

L'ALCOOLISME ET LES ALC:OOLIQUES C'est wai encoee. C'est. un d(•p:én<'.•1·é, fils ,l'alcoolique, Cllll a L;té plnsiems fois int~1·né déjà. Il continue ses cloléances: Sa femme le J)eesécnte, elle m·m<.>des gens qui se mettent à sa pom•suite pom· le tuel'. Puis, sans t rnnsition: - Vous sayez bien, clil-il, que tout c:am'est arrin,. parce <1uej'ai YOlécinq mille f1·ancs au p:éné1·alBoulangP1" C'est l'obsrssion ,lu moment. Pa1· la J'pnèt1·0 cnti·'onYet'te, uno lJl'ibe (le chanson nous at'l'iYe. C'est l'ai1·boulangisle en YOµ-uc111 ·u11 nouveau app1·enrl aux anciens. On Yoit que le géné1·al Boulanger .iouit rie lontc. la ])O[rnlm·it(• dési 1•alJle. Un<'aulrc pal'ticula1·it<'.·,le la foli<' alcoolique, sp(•cial<' aux Yi('- times (le l'absinlhe, celle-là, c'est cpt<' les ac-cÈ'ss·,H·comp,1:.nwnt souycnt d'attaques <'.•pilcplic1u<'s et ci<'yp1•tig·c's.C'Pst. ainsi <111cj'a i Yu un paun·e diable ayant (l<'puisl8ïl <·ont1·a('lt•la rlètcstnbl<' haui - tucle ,le boin• jusqu'à six Y<'t'I'Cscl'absintlw pa1· .i<rn1·,absolmncn t ip:no1·ant(les !'ails qui axaient motiY<'son i1llc•1·ncm<'nidans l'asile .•. Lorsque le Y<>digele p1·cnait, la mc;nwin' <"tait. aboli<' totalement . Un jour c1n'il 1011µ-caitla be1·p;ecl<'ln.sc,in<', il «1·C'1t<•llcil l'ut. p1·isd t> Y<.'1-tigeet. tomba dans l'<'an. R<'pèth<;ù f<'111pst•f soign(•, il ne s C' souYint absolument <le1·i<'Jt. Mais comme ks fonctions p1·ol'C'ssionnf'lks <'I l(,s habitudes 01·- ilinail'es sont les plus rnachinal<'s, ayant c•I(• mainl0s J'ois1·(•pétéesit l'état (le1·aison, un alcoolique ne (ksapp1·c1tcljamais son ancien rné - tict·. S'il a été co1·<lom1ie1·,son gesÜ' ni;miacru<•st•1·a c·t>lni (le ti1·t•1· le fil ou <le pit111<'t· l'alè1H' dans le cui1·.. Tt'm'en suis 1·t•1ulnco111 pte aup1·i>sd'un f'ouabsolurnent cléli1·ant, <JlLian1it. dé t,rpog1·aphc. A,rant été [)l'ié de cornpose1·un<>phi-ase que .i<'lui clic-lai, il lit le geste cleprendre les caractè1·es clans la c:ass<'et Ile les aligner s1 11· son cornpostcu1·. Sui· ma demande, il lia 0nsnit0 un paquet in1c1ginai1·c et en fit g1•ayement une <;p1·eun',<1n'il0nc1·a soiµ-neuse111e nt, p;mssement, et me tcrnlit aYCCf101fr ! - Croyez-Yous r·éC'llemc>nt.aYoi1·c·ornpos6et fait une>(•p1·cmYl'?lui <lis-je. - Non, certes, me 1·éponrlit-il. Mais je Yous ai monh·p c1ue je 1w suis pas un blagueu1·, et que je suis n·aiment 1rn typo. Puis, lui aussi, me parla du p;éné1·alBoulangc1·, ayec tJni il a,ë:1it, toutes les nuits, clegl'a.Yc:,;entretiens politi<1nes. C'est en effet, la nuit que le <lélü·etol'ture le plus les infol'lunés. Mais tous les fous, tom, les déli1·ants, tous les maniaques par l'alcool ne sont pas cnfrc lf's mains des médecins. Ils Yous co1Hloien t, lecteurs, dans la rue, et à chaque minute Yous èles exposés aux 1langereuses lubies dont l'alcool irnp1·~gnc leu1·s débiles cc1·ycaux . Les couches successin's que vingt. siècles ont. accumulées s111·C<'s

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