La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

î(i L.\. TIEVUI!: ::iOGIALISTE - Yous saycr,, yo(.1·0sœnI·,madame .Jeanne; oui, 1wulame Jeanne, appuya-t-0lle à dessein, <'llc ya Ycnie Yous Yoi1·tanlot. La malade <'•lait !oujou1·s absente. L'intc-1·nc qui nous accompagnait inlerYint alo1·s, et, pt·cnant un gobc]('t cont<'nant 1lu lait: - Yonle1.-Yons un pcn d'absintlw? ,lit-il it demi-Yoix. _\.ussilôt 1oul t<' patl\î'(' <~t1·etel'l·ass<' pm• la Hè,Te 1.l•c::;saulal,es yeux eurent une l11cu1·<k <ksi1· rou, les lèY1·escessè1·cntun instant <lese L<)l'(h-e t s(' <lilatè1·<'1Üen un souril'e hcu1·eux : - Oni, oui, oui, l'l'pétaiL-elle. Elle bu!. et 1·ciornba dans son agoni<'. .J'1t[ltn·isle kn,lcrnain aY<'cun Yfritablc soulagenwnt <1u'ellcaxait enfin cessé do soum·il'. Elle était rnol'tc sans aYoit· 1·<'p1·isconnaissant<', et sa ilc1·niè1·<'lucut· de pensée arnit è[(, pont· l'abominable liqueur <fUÎl'arnit lufr. Beaucoup de p;Pnsse d<'HlaJl<lcnt.c<'<1n'<'sLan juste la !'olic alcoolic1ue et cn <1uoiclic s<' distingue dcs aull'('s mala<lies ment.ales. En 1·ien, quant ù sps llHlnif'eslalions; pèls plus <1ucla gasti·,tlgic ou la phtisie cont1·adfr ù la suilc 1l'cxcès alcooli111t<'sJH' ·c distinguc>11t. tirs mèrncs rnaladi<'s cont1·acté<'s1k 111anihe diff<,1·<'nle.L<'s dèsordr<'s cé1·éb1·anxcanst's pa1· l'alcoolisme se trnduis<'JÜ. comme les auh'cs, soit pa1· la lllt'l,mc:olic, soit par l'aµ:ihtlion, soit en(in pm· un<' atonit> b('s(ial<', pn-lu<l<>01·clinai1·(',l'mw lin p1·0<:haillt'. Ccpcn,lanl, .Î<' lP l'épè((', la !'oli<' alcoolil1uc~a plus spécialcrnenL CC' cm·actè1·0 doulou1·cux c1tw .i<' signalais plus haut. Xahn't'llcmcnt, dans km· déli1·<',les nialacks mrk'1Ü iou_jou1·s à bt pr{•occupalio11 pr1·sornwllP <1uia 1·ésisü''au naur1•ag<'1k lpu1· 1·aiso11la p1·éoc-<·upation généntlt' du joui·. Sous l'Ernpi1·<', lcs << 1110ucha.l'(ls » jouaicnt un µyand 1·ol<d' ans l' olJs('ssio"nd<'salcooliq n<'s; p<'ndant la µ:uC'1·1·(c'<, ' IUL Bism;u·c:k. Un pt'n plus la1·d, ks uns sc <lisctient 1i<'1·sécut<'.p•sm· lcs \'C1·saillais, cl les mil 1·<'spa1· lcs c·ommlllHll'<ls, scion l<' camp auqncl ils a,,tient appa1·l<>11u. Le c1·imin<'l ou k hfros du mom011tsc mêle à lelll· p<'nsées; ils le \'OÎ<'nl, lui padent. Ainsi, j'ai deYanL 111oip, endant que _je p1·<'lllls c1uclqm's noies 1•apides,un rnallwu1·eux agil<' <1uiYi<'JÜcl'c11(1·c1it· l'hospice. Tandis <1n'a.\'eCs,t ,loucPu1· [H;nèt1·ant.e 1P doctcm· Magnan l'intP1·roµ:e, il ne ccsse <lCs' e mo1ffoi1·. Il hésite à pm·le1·. 'roui. le monde lui en Yeut.. _\.quoi bon se plaind1·e·t Qui 1't•coutp1·aiL'?On lui affirme qu'il a Youlu tuer sa rcrnmc. Et. c'est ,Tai; il aniye cle l'inflnnerie clu DéJH>t,où il antit ét(>inte1·né. Il ni<' ll'alJ01·1I,puis, p1·Psst'·i,l Ïlnit pm· a,ïrne1· <111<' sa reumw le l1·0111paiatyec son p1·op1·iétai1•pa, n•c ses amis, ses yoisins, toute la l'lle. Bt puis, quoi? il ne sait plus ... - 11n) a que de~ loufocs <lans ma ialllille, <lii-il a\'CCun accent comiquement doulom·eux..

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