74 LA REVUE SOCIALISTE Voilà qui explique la différnncc entre le temps jadis, où le buyem est toujom'::; 1·eprésenté sous les traits !l'un lnron rougeau<l, bon enfant, baxar<l, expansil' et gai, et celni où nous sommes, qui nous <lonne ,les alcoolique::; blêmes, mornes et stupides, a moins qu'ils ne soient Yiolents et agressif:; jusqu'au c1·im0. Voi<.;ui n 1·accour<.;i!les deux. époques que nom; présente le clocteur Petel': Un riche propriétaii·e aYait l'habitude !le se g1·iser quoticliennement clepns l'cige de Yingt ans. Son concierge, ti·op H<lèle imitateur des vices ,le son maitrP., et frop oublieux ,le l'immodel <list.ique, Quand sur une personne on prétend se régler, C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler. que cl'ailleurs il ne connaissait peut-être pn:-;;son concierge, dis-je, se grisait ayec la même ponctualité. Tons cleux.étaient 1·obustes, et raillàient ceux. qui leur pl'é1lisaient une m,u1Yaise fln. Ils rnourment tous deux phtisiques; mais le senit.em fJni se gTisnit à meilleur marché, avec de l'eat1-1lc-Yieoeclinai1·c,précé•,la son maître de quelques mois. Le congrès 1·éuni 1·écemment pour combattre la phtisie pulmonaire a reconnu,lui aussi, que l'abus de l'alcool engendre la phtisie, et de nomb1·eux.médecins sont yen us protester contrn ceux ile lem·s confrères qui traitent encore leurs mala<les par les alcools. Voici, à l'appui de cette thèse, un al'gument statistique que j'empnmte a une communication ,lu doctet~r Gibert, faite à la Société• cl"hygiène publique. Au Hane, où chaque habitant eonson1111e annuellement vingt-sept litres d'alcool,les quai-tiel'.- les plus 1·a:ntgés par la phti.-ie sont ceux. où il y a le plus de <lébits, tels que le quartier Notre-Dame, qui 011 compte quatre cents. N'est-elle p,"isjustifiée, cette appellation ,le casse-poitrine, donnée par la langue populaire aux mélanges alcooliques débités sur les zincs des quartiers omTiers ! Let.out sans préjudice des maladies 1lu toie et ,lu cœm·, des µ:asti-ites mol'telles, de la paralysie, et du plus honible des maux 11ui puissent atteinclt·o l'homme : la folie. La folie? Yont me dire d'au.c.uns. Eh! nous eu asons YU, des fous, qui riaient, <lansaient, faisaient mille extrayagances. L'un se c1·oyait.riche à millions, et tel autre régnait sur Yingt nations. Connaissent-ils les soucis et les triste:-;ses, les angoisses et les <lésespoirs clu malheureux. conti-aint ile batailler clans la mêlée sociale pour µ:at·,lei·son 1·1.mgo, u même pour gagner son pain? Hélas! ... Le n·ai est que la folie, et surtout la folie alcoolique, est l'état le plus doulout·eux. qui se puisse connaître. Ecoutez ce qu'en dit le })•Magnan, dont les remarquables teayaux. sm' l';-1lcoolismesont si
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