La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

752 LA REVUE SOCIALISTE nait le récit de son yoyage à Paris, ou encore cette décla1·ation de M. Broadhurst le député ouvriµ,r bien connu. D'après ce dernier, il existe plusifmrs cieconstances qui auraient rlù rendre le gouYernement de la 1'eine, frès soucieux <lene pas c1·éer it la République de nouveaux. sujets de mécontentement. Ainsi la Chambre des communes est en train clediscuter une loi qui mettra en danger l'industrif' :-mc1·ièrefranc:aisf', C't en mème temps l'Anglete1·re offre une la1·ge hospitalité au général Boulanger... Heureu:-;ement, concluaitil, il est consolant <113 saYoi1·que le peuple français est convaincu <l'avance que cette cornluite du gouyernement de la reine n'est pas d'accoecl ayec les sentiments intimes cle la grande majorité du peuple anglais. D'autre part le comi Lé ex.écutif de l'International Arbitration and Peace Association a œconnu « dans la présente Exposition de Paris une manifestation frappante de ces mouvements industriels et sociaux de ce siècle, qui tendent a resserrer plus étroitement les liens de la solidarité internationale, laquelle entraye l'explosion de la guerre et assure le succès de::;efforts pour le progrrs et la paix du monde. » Au Pal'lement, plus de 180 membres de l'opposition ont signé une ad1·esse a la République française parmi les signataires on remarque ~IM. Parnell, Herbert Glarlstone, Mnnclella, Shaw-Lefène et .John Mol'ley. La clémocratie française ganlera cel'tainement le souyenir des paroles Yengeresses par lesquelles ce clemier a salué notre glorieux centenaire et qualifié l'attitude <lelord Salisbury. J'espère, a dit M. Morley, qu'il n'a pas échappé à votre attention, que l'ambassadeut· anglais a été rappelé de Paris de peur qu'on ne pûl croire qu'il sympathisait avec la Révolution française. Je ne crois pas que jamais acte de folie plus énorne ait été commis. Il y a cent ans qu~, comme l'a dit un de nos poètes : « La France,dans son courroux a redressé sa taille géante. - Et avec un serment 9.ui a retenti sur la terre, dans l'air et dans la mer, - A frappé le sol de son pied et juré qu'elle serait libre. » Il est heureux pour n:urope qu'elle l'ait fait. Et maintenant notre gouvernement s'imagine qu'il peut traiter de haut en bas (snub) la Révolution francaise ! Eh bien, Napoléon Bonaparte, n'a pas eu beaucoup de nobles parnles - il en a eu beaucoup d'ignobles - mais quand un traité lui a été soumis qui contenait une clause reconnaissant la R'.publique française, il a dit cette noble parole : « Effacez cet article. Qui ne voit pas « la République française est comme qui ne voit pas le soleil ! ,. Et il en est ainsi encore aujourd'hui. Il est pal'ticulièrement étt·ange de voit- tenir cette conduite, alors que George III et M. Pitt, qui étaient de leur temps des tories passablement convaincus, n'ont jamais songé à croire que les événements de 1789 méritassent condamnation. N'est-ce pas une chose honteuse que notre gouvernement se soit abaissé à cet acte mesquin par complaisance,je suppose, pour le prince de Bismal'k '!

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